B. H

Une affaire de blouses blanches scandaleuse a été traitée ce lundi par la cour criminelle, les accusés pas moins de 15 personnes, sont 07 sages femmes, des infirmières, des agents de sécurité, une femme de ménage et une employée. Ils répondent aux chefs d’accusation de trafic d’organes, dissimulation d’une dépouille, transfert et dissimulation du corps d’un mort-né et négligence dans l’exercice de la fonction. La genèse de cette affaire remonte au 15 mars 2019, lorsque le père d’un mort-né a déposé une plainte auprès des services de sécurité compétents, signalant la disparition du corps de son fils mort-né au niveau du service de la maternité du CHUO. Dans sa déposition, le père a indiqué qu’au moment où il voulait récupérer le corps de son fils pour procéder à son inhumation deux jours après le décès, muni des documents nécessaires exigés, a constaté que le cadavre de son fils avait disparu. Une enquête interne a été lancée auprès de tous les employés, médecins, médecins de garde, infirmières et sage-femmes, mais le petit cadavre avait disparu.
Une enquête a été diligentée par les services de la police judiciaire qui ont procédé à l’arrestation de 15 suspects, dont une femme de ménage qui serait derrière le détournement du corps du mort-né qui n’a même pas été enregistré sur le registre de permanence. Elle aurait cédé la dépouille du bébé pour 5 millions de cts à une charlatane à des fins de sorcellerie. Les mis en cause dans cette affaire, ont été présentés par devant le juge d’instruction près le tribunal de la cité Djamel Eddine, qui a ordonné la mise sous mandat de dépôt de deux mis en cause principaux dans cette affaire, soit la femme de ménage et la charlatane, pour les chefs d’accusation d’association de malfaiteurs et trafic d’organes, actes de charlatanisme et sorcellerie, alors que les autres accusés ont été placés sous contrôle judiciaire pour négligence ayant induit à la disparition du corps d’un mort-né. L’enquête préliminaire, qui a été marquée par l’audition des témoignages et dépositions de tous les employés en poste le soir de cet incident, s’est soldée par la mise en accusation de 15 individus, dont le directeur du CHUO, la cheffe de service maternité, 7 sages femmes, une aide-soignante, une femme de ménage et deux autres femmes, après la découverte du fait que le corps du mort-né a été laissé dans une salle réservée aux dépouilles toute une journée, avant son transfert à la morgue durant la période coïncidant avec l’entame de la permanence des employés chargés de cette opération.
Lors de l’audience, la femme de ménage répondant aux initiales de B.S.H, a changé sa déposition. Elle a déclaré avoir remarqué le cops du mort-né enveloppé dans un drap blanc à 6h30 du matin, et qu’elle est sortie de l’hôpital à la fin de son service emportant juste son sac à main noir. Pour rappel, la perquisition du domicile de cette mise en cause s’était soldée par la découverte d’un grand sac en plastique blanc et un sac à main noir ainsi qu’une quantité de plomb utilisée souvent dans des actes de sorcellerie. L’exploitation par les services de sécurité du répertoire d’appels téléphoniques, a permis à découvrir que la femme de ménage était en lien avec une femme répondant aux initiales de T.K, surnommée El Hadja. Cette dernière n’a pas nié qu’elle ait rendu visite ce jour-là, à la femme de ménage à 8h30 du matin pour ramener un sac contenant des compresses et quelques produits désinfectants. La perquisition de la maison d’El Hadja a été choquante, puisque même de l’eau ayant servi au lavage des cadavres dans la morgue y a été découverte, en plus de photos et d’ustensiles et autres produits utilisés dans les actes de sorcellerie. Lors de l’audience, le personnel médical, médecins, infirmières et sages femmes ont nié leur implication dans les actes de négligence, affirmant que le directeur de l’hôpital n’a pas établi une liste fixe des employés de la maternité et qu’il y a à chaque fois des changements du personnel, ajoutant à cela l’état dégradé de la maternité et que des personnes étrangères au service peuvent facilement entrer sans qu’ils ne soient inquiétés dans une anarchie totale. Le représentant du ministère public a demandé qu’une peine de 7 ans de prison ferme soit infligée à l’encontre de la femme de ménage et sa complice, en plus d’une amende de 20 millions de cts à l’encontre du reste des accusés.