Rachid Boutlélis

Le démantèlement d’un réseau de passeurs opéré, au cours de la première semaine du mois de juillet dernier, par les enquêteurs de la gendarmerie nationale, relevant du groupement d’Oran, semble, en partie être, à l’origine d’une certaine régression des traversées clandestines dans la contrée d’Aïn El Turck. Le renforcement draconien du dispositif des différents corps de sécurité, chargés de la lutte contre l’émigration clandestine, a été ajouté aux multiples interventions menées sans répit en mer et sur terre pour tenter de contrecarrer ce phénomène, qui a pris des proportions démesurées ces dernières années. Il importe de noter que cette affligeante transgression a été mise en veilleuse par les organisateurs des traversées clandestines au cours du mois de janvier dernier lorsque les corps sans vie de deux harraga, parmi 14 qui ont péri noyés, ont été rejetés par la mer. L’un de ces deux cadavres a été retrouvé, flottant à quelques mètres du rivage de la plage de Paradis alors que le deuxième a été repêché au niveau de la plage de St Roch. Ces deux malheureux faisaient partie des quatorze, qui ont été portés disparus une dizaine de jours auparavant, lors du naufrage de leur embarcation, survenu à mi-chemin des côtes espagnoles. Il y a lieu de rappeler qu’ils étaient seize au départ à prendre place dans une embarcation désuète, pour prendre la mer au niveau d’une plage du chef-lieu. Seulement, deux rescapés ont été dénombrés parmi ses seize harraga. Ces derniers s’étaient cramponnés à des jerricans d’essence avant d’être secourus in extrémis par les forces héliportées de la Guardia Civile. Ces malheureux harraga, auraient déboursé chacun entre 70 et 80 millions de centimes pour prendre part à cette insensée aventure. Selon des sources concordantes, les plages des localités du chef-lieu de la daïra d’Aïn El Turck, celle de Coralès, dans la municipalité de Bousfer et à un degré moindre les Andalouses dans la contrée d’Aïn El Turck, ainsi que celles de Madagh et le village de Cap Blanc, dans la daïra de Boutlélis, ont constitué le point de départ pour ces boat people. Un certain nombre de ces embarcations de fortune, payées au prix fort, n’ont évidemment pas tenu la mer et ce, au grand dam de ces jeunes et moins jeunes subjugués par le chant des sirènes, venus de différentes régions d’Oran et même d’autres contrées du pays. Nos sources font état des agissements frauduleux de rabatteurs, faisant partie de réseaux spécialisés dans l’organisation de traversée clandestine, qui ont pour mission de ferrer le poisson, en louant les éloges de leurs prétendues réussites de traversées clandestines. De nombreux jeunes et moins jeunes d’Oran et de ses régions limitrophes, sont tombés dans les rets sournoisement tissés par ces passeurs. Certains ont failli laisser leur vie alors que d’autres ont péri en mer. La lutte contre le phénomène des traversées clandestines, menées par les forces de police, de la gendarmerie nationale et les gardes côtes, a réussi à resserrer l’étau sur la côte de la contrée d’Aïn El Turck et ce, entre autres à travers des patrouilles régulières de surveillance. Tout mouvement d’individus suspects sur les plages était aussitôt soumis à un contrôle et les embarcations suscitant un doute faisaient l’objet d’une saisie. Toujours est-il que le recul du phénomène est sans contexte lié aux facteurs cités en préambule. Les tragédies de la mer et la série de démantèlement des réseaux, sont finalement parvenu en toute vraisemblance à décourager les plus téméraires des organisateurs de ces folles traversées, souvent tragiques.