Les bateaux, qui devraient assurer la navette maritime estivale entre le port de la pêcherie d’Oran et le quai d’accostage, près du village de Cap Falcon, ne lèveront pas l’ancre. Une information confirmée à notre journal par le chef de daïra d’Aïn El Turck. « L’ensablement de l’embarcadère est à l’origine de l’annulation de la navette maritime. Le dragage, qui devait être effectué pour dégager les tonnes de sable obstruant ce quai d’accostage, n’a malheureusement pas été opéré » a encore indiqué notre interlocuteur.

Rachid Boutlilis

Notons que cet embarcadère est devenu le lieu de prédilection de pêcheurs à la ligne et ce, depuis l’arrêt de la rotation maritime en 2019 avec l’avènement de la pandémie du Covid-19. L’annonce du renvoi aux calendes grecques de la reprise de cette liaison maritime cet été a suscité l’effet plouf du pétard mouillé tombé à l’eau, sordidement ressenti par les amateurs de ces balades en mer. Le même mélange de sarcasme et de sidération a été, rappelons-le, éprouvé lors de l’inauguration de ce quai d’accostage, le 5 juillet 2017, par les membres de la délégation, conduite par le wali de l’époque, qui se trouvaient à bord du bateau ayant effectué sa première traversée à partir du port de la Pêcherie d’Oran et s’apprêtait à accoster au niveau de ce tout nouveau embarcadère. Les concepteurs de cet ouvrage, qui a nécessité un montage financier de plus de 50 milliards de centimes, sans comptabiliser les avenants, n’ont à priori pas pris en considération le volet houle de la mer. Tout est tombé à l’eau, dans toute l’acceptation du terme, pour la grande fête, qui devait être doublement célébrée et ce, avec l’inauguration de ce quai d’accostage et la commémoration de l’anniversaire de l’indépendance.

La navette transportait 2000 passagers par jour

Les responsables concernés ont été exhortés à réaliser en urgence un brise-lame pour supporter la houle, conformément aux normes élémentaires universelles exigées dans ce genre d’ouvrage. Mais le charme a été lamentablement rompu en cette chaude matinée du 5 juillet 2017 par cette absurde incartade. L’absence de ce brise-lames avait rendu la programmation des navettes dépendantes des conditions météorologiques au cours de la saison estivale 2017. La houle pouvant rendre l’accostage difficile, voire impossible, comme c’était le cas le jour du voyage inaugural. Notons toutefois que La ligne maritime en question a enregistré par la suite un grand engouement auprès des Oranais, avec plus 20.000 voyageurs transportés au cours des deux mois de la saison estivale 2017 (une moyenne de 2.000 passagers par jour), selon une source proche de la direction du transport. Il est utile de noter que la réalisation, fin 2016, d’un brise-lame a nécessité un apport financier d’un montant de 60 millions de dinars. Notons encore que pour sa première saison estivale, la ligne maritime Oran / Cap Falcon a été maintenue durant deux mois. Cet embarcadère n’a pas fait que des heureux. Une levée de boucliers s’est en effet manifestée pour dénoncer le rétrécissement de la plage Les Dunes, enfanté par la réalisation de cet ouvrage. Ce stupide état de fait, boosté par l’indigence des esprits, a suscité un vif désappointement chez les habitués des lieux.
Certains ont été outrés et consternés et ce, en constatant que cette plage, très prisée, qui a été nominée d’une distinction au cours de l’été 2016, après avoir été désignée comme étant la plus belle de la contrée d’Aïn El Turck, a lamentablement rétrécie. « A mon humble avis, un quai d’accostage aurait en principe dû être réalisé dans une zone, qui ne soit pas fréquentée par les baigneurs. Les espaces adéquats à ce projet ne manquent nullement sur cette côte. Cet embarcadère a tout simplement et fort malheureusement défiguré toute une prestigieuse plage, qui a été polluée par les bateaux de assurant la liaison maritime » a déploré avec une pointe de dépit un vacancier abordé à ce sujet.” Il importe de rappeler que dans un premier temps le projet de réalisation d’un port de plaisance, où pouvaient accoster les bateaux assurant ladite navette maritime, était prévu à l’intérieur de la petite crique de la localité La Madrague, enclavée entre le village de Cap Falcon et le lieudit Pain Sucre. Les résultats de l’étude de faisabilité ont finalement invoqué la difficulté du terrain accidenté. La réalisation de ce projet dans cette zone a été gauchement abandonnée. Toujours est-il, qu’à propos de ce quai d’accostage et selon le constat établi sur les lieux et les déclarations glanées auprès des habitués de la plage Les Dunes, ce projet n’a pas suscité l’approbation unanime des vacanciers, dont certains l’ont tout simplement qualifié « d’atteinte à l’environnement et à la dénaturation de tout un prestigieux paysage de la contrée côtière d’Aïn El Turck». Signalons que cette liaison maritime a été assurée par des bateaux spécialement conçus pour de petites traversées et pouvant transporter jusqu’à 300 voyageurs. Huit (8) rotations quotidiennes (aller et retour) ont été assurées pour permettre ainsi aux estivants d’éviter les embouteillages, qui se forment sur tout le réseau routier de la contrée d’Aïn El Turck en période estivale. La durée de la traversée n’excède pas les 40 minutes. Une enveloppe de 8 millions de dinars a été consacrée pour l’étude de ce projet, qui a été confié à la société étatique Meditram.
La réalisation de cet ouvrage a été décidée, d’une part, dans le cadre de la promotion du secteur du tourisme dans cette région côtière et d’une autre part pour tenter, un tant soit peu, de désengorger, la circulation automobile sur ledit réseau routier, extrêmement saturés durant la saison estivale et ce, en raison du considérable rush de véhicules des millions de vacanciers.