A.Sebahi

La mendicité semble attirée de plus en plus d’adeptes à Oran où une augmentation significative du nombre de mendiants de toutes tranches d’âge est signalée. Ils sont présents dans toutes les ruelles, aux feux rouges des intersections, dans les marchés aux portes des mosquées des magasins, des boulangeries et jusque dans les moyens de transport public et même dans le tramway. La mendicité est devenue un phénomène de société à combattre puisque des enfants sont utilisés par leurs parents pour gagner facilement de l’argent. Ceci est condamné par les citoyens qui ont fait appel à l’intervention des services compétents pour trouver une solution à ce phénomène qui ne fait que ternir davantage l’image d’Oran. Dans ce contexte, le directeur de l’action social de la wilaya d’Oran a déclaré, « le phénomène s’est aggravé récemment, la mendicité est devenu un métier pour ceux qui n’ont pas de profession. Ils y ont trouvé le gain facile et consistant. ». Il a ajouté, « lors des opérations d’inspection menées par les services de l’action sociale, nous avons découvert que des mendiants se déplacent d’une wilaya à une autre pour être loin des yeux de leur famille et de leurs connaissances, et beaucoup d’entre eux revendiquent un handicap ou une maladie pour apitoyer les passants.». En fait, la majorité des mendiants qui ont des points précis d’activité viennent le matin dés la première heure pour revenir en fin d’après midi chez eux avec les poches pleines. Selon, le directeur de l’action social, des peines sévères leur sont infligées conformément à la loi, il a indiqué que « depuis le début de cette année, 260 personnes dont 57 enfants qui ne dépassaient pas 8 ans, pratiquant la mendicité ont été interpellés à travers les différents points de la wilaya d’Oran. ». Ces derniers, ont été transférés vers les différentes sûretés urbaines de la wilaya, et certains d’entre eux ont été orientés vers des associations caritatives dans le but de leurs venir en aide. Il a ajouté que les mesures prises à leur encontre sont strictes. Premièrement, ils sont transférés au commissariat où un procès-verbal d’audience est établi à leur encontre. Les dossiers des récidivistes sont transférés à la justice où ils sont passibles de peines d’emprisonnement allant de 01 mois à 02 ans. En ce qui concerne les mères et les pères qui exploitent leurs enfants à des fins de mendicité, le même intervenant a ajouté « que leurs enfants leurs sont retirés pour les remettre entre les mains des services sociaux qui leur apporteront l’aide et la prise en charge nécessaire, tandis que la mère ou le père sont passibles d’emprisonnement d’une durée de 06 mois à 02 ans. ». Cette peine d’emprisonnement est réservée à toute personne utilisant un mineur de moins de 18 ans dans la mendicité. S’agissant des cas de personnes âgées mendiant dans les rues, le directeur de l’action social M. Mohand Ameziane a indiqué que, « la loi stipule que les personnes âgées doivent être maintenues dans leur milieu familial et que dans le cas où il n’est pas possible de les prendre en charge par leurs familles, elles sont transférées dans des maisons de repos.». Cependant, les personnes âgées ayant pris goût à la mendicité et la liberté de circulation dans la rue refusent de rester dans les maisons de repos. M. Mohand a souligné que « pour éradiquer ce phénomène, il faut durcir les peines contre les mendiants ou encore que les citoyens ne leurs donnent pas de l’argent. ». Il a ajouté qu’un programme important visant à intégrer les mendiants dans le marché du travail a été mis en œuvre en leur offrant des emplois dans le cadre de dispositifs d’emploi temporaire pour endiguer ce phénomène.