Linda Otsmane

Malgré les nombreuses sonnettes d’alarmes tirées par les citoyens en direction des responsables locaux, ces derniers sont restés de marbre nous déclare, un habitant de Haï El Ararssa, un bidonville situé à 04 Km du chef- lieu de la commune de Bethioua. En effet, les représentants des centaines de familles qui y habitent ont tenu à décrire le calvaire qu’ils endurent depuis déjà une vingtaine d’années. « Nous n’avons pas où aller et les baraques que nous occupons sont dépourvues de toutes les commodités nécessaires pour une vie décente », déclarent –ils. Le problème des infiltrations des eaux de pluies à l’intérieur même de ces constructions illicites, ne cesse d’exposer la vie des occupants aux maladies bronchiques. « Cette eau verdâtre et stagnante constitue un réel danger sanitaire et écologique dans une localité qui se caractérisait, il n’y a pas si longtemps par l’ampleur des exploitations agricoles qui ornaient joliment les abords de la collectivité locale », déclara un occupant. Ce dernier nous a fait savoir qu’en période hivernale, plusieurs familles sont contraintes de passer la nuit dehors après chaque averse de pluies. Attachés à la terre, nos interlocuteurs ont souligné qu’ils se sont déjà adressés aux services de la Subdivision du service de l’Agriculture de l’ex- APC pour voir s’il serait possible de bénéficier d’un programme approprié à leur mode de vie comme le PHR (Programme de l’Habitat Rural). « Malheureusement, la seule option de relogement qui nous a été proposée ne correspondait guère à la nature de nos activités à vocation rurale (culture de la terre, élevage des bêtes…) », apprend –on. D’ailleurs, il a été exigé aux occupants de ce bidonville de s’acquitter d’une somme de 200.000 DA en quatre tranche dans le cadre d’un montage financier pour la réalisation d’un projet de 100 logements sociaux participatifs. Une année plus tard, le projet a été gelé et les responsables de l’ex –APC ont remboursé tous les postulants ayant procédé au premier versement.

Des conditions de déplorables

Les concernés ont passé en revue la dégradation des conditions de vie au niveau de ce village, faute d’assainissement.
D’ailleurs, le collectif des habitants de la cité ne disposent d’aucun réseau AEP ou d’électricité. Ainsi, plusieurs d’entre eux ont du effectuer des branchements illicites afin d’illuminer leurs foyers.
Quant à l’alimentation en eau potable, cette dernière est assurée par certains colporteurs de l’eau douce qui ne respectent nullement les conditions d’hygiène pour la commercialisation de cette source vitale. « Les conditions affreuses dans lesquelles nous sommes entassées, ont donné lieux à la prolifération de plusieures maladies à transmission hydriques. Par ailleurs, plusieurs cas de morsures de rats et des serpents ont été enregistré au cours de l’année précédente», dira un plaignant. Selon des sources de l’APC, l’absence des commodités est du à la nature de ce hameau jugée anarchique.
Livrés à eux –mêmes, ces familles indiquent qu’elles entreprendront toutes les démarches : grève de faim, sit-in, …et ce dans le but de faire aboutir leurs revendications, à savoir l’amélioration de leurs conditions de vie, bénéficier d’un programme de logement sociaux ou RHP.