Kaid Omar

Dans deux jours, le 06 Juillet 2022, on éteindra les lampions de l’avènement des Jeux Méditerranéens dont la capitale de l’Ouest, El Bahia a honoré tous ses engagements, et réussi à relever le défi. Un défi pas tout à fait évident 06 mois auparavant, où les plus pires des craintes s’exprimaient dans un lourd silence empreint de pessimisme logique. Aussi, prenant le taureau par les cornes, on se décide au niveau des hautes sphères décisionnelles à opérer le déclic en mettant le paquet financièrement et notamment en confiant la mission aux compétences nationales avérées dans un spectaculaire pari ‘’Etre prêt le jour J pour l’Algérie, son honneur, sa fierté et sa réputation de grande nation’’. Défi relevé, pari gagné, l’image de marque du pays préservée et Oran s’impose en ‘’Reine de la Méditerranée’’. Organisation parfaite à tous les niveaux et dans tous les vecteurs assignés, entre accueil, séjour, restauration, hébergement, animation culturelle et touristique, après une sublime cérémonie d’ouverture ‘’haut de gamme’’, malgré quelques infimes défaillances, sans impact aucun ni sur le programme encore moins sur l’essence même de ces jeux, au niveau compétitif. L’unanimité ne s’est pas fait attendre pour l’opinion publique nationale et internationale à décerner la palme à un public en or. Salles et stades archicombles, ambiance, animation, liesse, ferveur et enthousiasme de fête, fair-play et hospitalité. Oran a ébloui le monde, et fait taire les détracteurs et leurs relents, internes et externes.

Des infrastructures au service du mouvement sportif de masse

Sachant qu’au-delà de toute compétition sportive, la finalité qui se décline en toile de fond renvoie à une vision plus pragmatique de l’influence des Jeux, qu’ils soient régionaux ou mondiaux, sur les territoires où ils se déroulent. Dans cet ordre d’idées un groupe de réflexion s’est constitué, lequel a soumis, au nom de ce panel de cadres sportifs de la région d’Oran, un projet d’accompagnement des JMO-2022 axé sur la nécessité de se projeter sur la période post-jeux, autrement dit “comment cet important événement peut entraîner dans son sillage des incidences positives durables en matière d’exploitation des infrastructures et de fréquentation sportive, de mobilité urbaine grâce à l’amélioration des moyens de transport, d’embellissement de l’environnement, etc.” Quel sera, en somme, l’héritage de cette 19e édition des Jeux méditerranéens ? Oran sera-t-elle meilleure après la tenue des jeux ? D’abord, en cernant le passé sportif de la région oranaise qui, l’histoire l’a retenu, peut s’enorgueillir d’un palmarès des plus éloquents. Le groupe de réflexion a proposé la tenue d’assises régionales du sport afin d’établir un diagnostic qui servira d’outil de comparaison, dans quelques années, pour situer l’impact des Jeux sur le niveau de pratique. Il a également appelé à la mise en place d’un véritable centre de médecine sportive qui couvrira l’Ouest algérien au lieu d’une dépendance universitaire qui servira, le temps des Jeux, de point de contrôle antidopage.

Les installations sportives ne s’usent que si l’on ne s’en sert pas !

Sur le plan matériel et infrastructurel, les retombées attendues dépendront de la synergie qui sera mise en branle, après les Jeux, par les différents partenaires sportifs, en coordination avec le MJS et la DJS d’Oran, afin d’optimiser l’utilisation des installations sportives et de veiller à leur bonne maintenance. Autant d’opportunités qu’il convient de saisir pour accroître le développement des pratiques physiques et sportives de la région et faciliter l’éclosion d’une élite qui pourra se frotter au gotha mondial grâce à des infrastructures répondant aux normes internationales.

Le legs, sa rentabilisation et son rôle propulseur

Le concept d’héritage est désormais perçu comme une notion primordiale dans tout processus d’organisation d’un événement sportif majeur en raison des investissements importants qui lui sont consacrés. En ce qui concerne Oran, a-t-on pensé à l’après-jeux ? Quelles sont les études d’impact menées en amont et en aval pour situer les potentielles retombées ? Une analyse au demeurant extrêmement utile si l’on venait à vouloir connaître la valeur de l’héritage laissé par les JM d’Oran. Il est patent que des secteurs comme le tourisme, les transports, le bâtiment, l’urbanisme, les travaux publics ou l’environnement bénéficieront de retombées positives. 42 hôtels de haut standing ont accompagné ces jeux. Oran compte près de 230 établissements hôteliers en mesure de répondre à la demande d’organisation d’autres compétitions internationales, assurément une aubaine pour les professionnels du secteur. Pour ce qui est de l’interface touristique, celle-là même qui façonne l’image de la ville de Sidi El-Houari, réputée pour ses nombreux repères historiques, a mis en lumière les sites mythiques, tels le fort Santa-Cruz portant la sculpture de la Vierge qu’abrite l’église Notre-Dame du salut, le palais du Bey, le minaret de la Perle, la porte d’Espagne, les jardins de l’Étang, le Musée d’art moderne (Mamo), le Musée de la mer…, qui font partie des escales emblématiques de la Radieuse.
Oran a vécu des moments intenses jamais vécus auparavant. Un rassemblement sportif et culturel autour de Mare Nostrum a focalisé l’attention de millions de personnes. Mais aussi qui, une fois les lampions éteints et les clameurs dissipées, fera place à un autre défi : celui de l’héritage des Jeux. Si la conjoncture financière et sanitaire n’a pas permis à d’autres villes – hormis peut-être le chef-lieu de la daïra de Sig, inscrite pour abriter des rencontres de football – d’accueillir les Jeux, il n’en restera pas moins que le prochain été sportif s’annonce dorénavant sous de bons auspices. La 19e édition des Jeux méditerranéens, où plus de 4500 athlètes issus de 26 pays – une participation inédite – nous le confirme. Oran est prête pour une mutation profonde !