Linda Otsmane

Plus de 80 personnes ont été admises durant la nuit du Dimanche à Lundi au niveau des Services des UMC de l’hôpital Nekkache Mohamed Seghuir d’El Mohgoun, selon des informations recueillies auprès des sources médicales. Ces admissions signalées, quelques heures après le séisme qui a fait trembler la commune de Gdyel, à 30 km à l’est d’Oran au cours de cette même nuit, ont concerné plutôt des personnes atteintes de maladies chroniques parmi les habitants de la cité « Petit Lac » jouxtant le vieux quartier d’El Guitna, du centre-ville où 70% des bâtisses remontent à l’ère coloniale et la cité Mustapha Ben Boulaid. Selon le constat fait sur place à travers les différents sites, la secousse sismologique a entraîné également des effondrements partiaux et des fissures plus au moins importantes sur les plafonds et les structures des immeubles qui se trouvaient déjà dans un état de dégradation avancée. Le rapport préliminaire établi par la protection civile d’Arzew, a démontré que des fissures activées par les secousses, ont été constatées dans des anciennes bâtisses au centre-ville. «Avec le changement des conditions métrologiques, ces failles pourraient engendrer un risque d’effondrement partiel. D’ailleurs, nos services sont intervenus suite à un écroulement d’un mur secoué par le tremblement de terre au centre-ville après la première réplique signalée aux environs de 20h30», apprend-on. Signalons que le séisme d’une magnitude de 5,1 sur l’échelle Richter a provoqué des scènes indescriptibles de panique et d’affolement chez les habitants d’Arzew et des communes avoisinantes comme Bethioua, et plus particulièrement Gdyel. « Des femmes et des enfants, criant à tue-tête, se ruaient vers les sorties des bâtiments avec la ferme conviction qu’ils vont endurer un temps indéfini dans l’angoisse. Une frayeur inhabituelle a saisi les citoyens au moment du séisme fixé par le Centre de Recherche sismique de la wilaya. Cette panique serait due à la situation géographique de la wilaya d’Oran, où les catastrophes naturelles ne sont pas aussi fréquentes, voire très espacés», dira une source policière.

80 personnes admises aux UMC

Les 390 familles occupant la partie dégradée de la cité Mustapha Ben Boulaid classée comme étant une « zone rouge » jouxtant le siège de l’APC d’Arzew ont dû passer la nuit dehors. Décontenancés et effrayés par la secousse tellurique qui a fait vibrer la terre à huit reprises environ, ces familles, à l’instar de tous les habitants d’Arzew, sont sorties dans la rue pour échapper aux éventuelles conséquences de ce « soubresaut de l’écorce terrestre ». Selon M. H. Fethi, ces bâtisses sont appelées à être rasées et leurs occupants relogés à la cité des « 1000 logements » où un programme rentrant dans le cadre de la résorption de l’habitat précaire leur a été réservé. Cependant le retard accusé dans la réalisation de ces nouveaux logements a suscité un climat de mécontentement général parmi les habitants qui ont pointé du doigt les responsables de l’OPGI, et ce en dépit de l’importance voire de l’urgence que requiert la situation des occupants. «Cela fait plusieurs mois déjà que les travaux préliminaires relatifs à la désignation de l’assiette pouvant abriter le projet et à la délimitation du plan du bornage ont été ficelés, où même l’enveloppe financière a été engagée par le Ministère de tutelle. Ce que nous ne comprenons pas, est de savoir à qui profite ces lenteurs administratives ? Qu’est- ce qu’ils attendent pour mettre fin au calvaire des occupants vivant dans l’angoisse ? », s’interroge M. N, représentant du comité du quartier. Notons que les habitants ont refusé à s’entretenir avec les membres de la commission composée du directeur de l’OPGI, de la DUC et des éléments de la DAS qui se sont rendus sur les lieux pour évaluer le volume des dégâts et assister les personnes en détresse. En matière de dommages, rappelons que des murs des immeubles se sont lézardés tandis que les balcons présentent des fissures énormes. Des fissures activées par les secousses ont été également constatées dans les escaliers se trouvant dans un état de délabrement avancé. Mme Charef K. nous a montré, preuve à l’appui, des murs qui oscillaient à la simple pression de la main. Notons que le siège de l’APC était ouvert au public pour répondre aux doléances des citoyens. Une décision a été prise pour recenser les sinistrés, afin d’évaluer les préjudices. « Une commission technique était aussi sur les lieux et tous les cas devront être étudiés individuellement ». Les personnes les plus touchées par ce séisme devaient se présenter à la daïra munis des pièces justificatives afin de se voir délivrer un rapport technique portant une évaluation estimative des dégâts et des frais à rembourser.

Risques sismiques

Selon les différentes études menées notamment par les sismologues du CRSO (Centre de Recherche sismique d’Oran), cette région est classée comme une zone à haut risque sismique à l’instar des régions du Nord de l’Algérie soumis intensément à cette hypothèse. La même étude a révélé que le réseau sismologique de l’Oranie est composé de six stations de détection sismiques opérationnelles. Ces moyens sont utiles pour l’étude de l’accélération du sol lors d’un tremblement de terre. « En matière de prévention sismique, l’on a constaté que les spécialistes se penchent actuellement sur les dégâts engendrés dans les bâtisses. Ceci dit, l’évaluation du séisme dans chaque région est basée sur les dommages survenus », apprend- on. Les spécialistes estiment à cet effet que la collecte des données relatives aux futurs séismes ne sera jamais précise tant que les méthodes de prédiction ne sont pas efficaces.