Kaid Omar

Dans la capitale de la corniche oranaise, à l’instar des agglomérations le long du littoral algérien, les rivages côtiers séduisent d’emblée par la beauté de leurs sites, et recélant des atouts indéniables favorables à l’activité touristique. Depuis l’indépendance et contrairement aux autres pays du pourtour méditerranéen, l’Algérie n’a pas accordé jusqu’à l’heure au secteur du tourisme un rôle conséquent dans ses différentes politiques de développement. Si les zones côtières concentrent de nombreuses ressources et opportunités, elles sont aussi exposées à toutes les convoitises malsaines, en deçà des pollutions, nuisances et autres dégradations résultant du développement des activités de services et économiques. Chaque année dans le secteur qui nous est familier, tel que la corniche oranaise, nous voyons une clôture supplémentaire, un début de lotissement de quelques maisons nouvelles, quelques complexes touristiques incongrues et sur la partie encore naturelle, les voitures qui envahissent l’espace. À partir du cas de la zone d’Aïn El Türck, c’est toute une organisation aux comportements mafieux qui s’est y installée pour ériger son paradis fiscal, décapitant le potentiel foncier au moyen de subterfuges de détournement tout autant que la mainmise sur une urbanisation en ‘’prêt-à-porter’’ intouchable !

50 milliards/an d’évasion et des suspicions !

On a toujours dit que la corniche oranaise, plus particulièrement la cité balnéaire de Aïn El Türck était le fief de blanchiment d’argent par excellence pour toute activité ayant pignon sur le grand bleu. Des chiffres accablants parlent d’eux-mêmes où plus de 60 ensembles hôteliers classés par la Direction du Tourisme, dont la majorité est statuée entre 3 et 5 étoiles, longeant la côte ZET (Zone d’Extension Touristique) de la corniche oranaise, dans ne panoplie d’Hôtels classés, résidences HS (haut standing), villas pieds dans l’eau, piscines réservées, complexes touristiques, et toute la gamme de spécialités dans les prestations touristiques. La plupart ont entamé leurs activités et atteint le plein régime depuis plus de 20 ans, dans des affaires juteuses, amortissant en un temps record les dépenses d’investissement contractées. Mais depuis, ces ensembles sont restés soumis au même régime d’imposition fiscale, le régime forfaitaire en l’occurrence. Nos sources ne laissent aucun espace au doute, elles sont d’une crédibilité assommante. Les institutions fiscales spécialisées en la matière, affirment que le chiffre d’affaires moyen annuel pour chacun des opérateurs est estimé à plus de 20 milliards. Le résultat est effarant et soumis à toutes les suspicions et énigmes, à la valeur réelle du chiffre d’affaires, dont une moyenne d’imposition par ensemble hôtelier de pas moins de 750 millions/an, générant ainsi l’insoupçonnable manque à gagner pour la recette communale de près de 50 milliards/an qui s’évaporent des caisses du trésor public local et qui pénalisent lourdement les recettes communales dans la daira de Aïn El Türck, Des faveurs et privilèges d’imposition qui remontent à plus de 15 exercices fiscaux, pour la majorité de ces ensembles hôteliers. Au final, c’est le macabre constat de recettes communales qui ratissent les fonds de caisses, qui sont ventilées ‘’bon an’’, ‘’mal an’’ aux aménagements des établissements scolaires à la pré-saison, et encore. Les structures de daira rattachées à la Direction Centrale des Impôts de la wilaya se disent avoir les mains liées pour agir, confirmant que, « les mécanismes existent mais sans retentissement.

Des mécanismes d’évaluation à révolutionner et des réflexes à bannir

Les déclarations fiscales des opérateurs hôteliers sont prises pour argent comptant sans vérifications préalables ni contrôle des documents faisant foi ». Qui doit s’occuper des missions de récupérer les sommes détournées, et identifier les personnes versées dans le blanchiment d’argent qui a fait de la corniche oranaise un paradis fiscal épris par des cercles mafieux. L’opinion ne cesse d’interpeller les pouvoirs publics pour des opérations d’assainissement à grande échelle. Une moyenne de 200 000 da/an pour la quasi-totalité des ensembles hôteliers au lieu et place des 750 millions/an Volontairement ou non, c’est l’énigme. Qui est derrière ? Seule une opération de grande envergure peut en déceler le mal, avec l’entame d’une opération de mise à niveau autour de contrôle financier profond supervisé par des experts du tourisme et des finances, pour l’éventuel aboutissement à identifier les responsables d’un tel scandale financier.
Que déjà, dans un passé récent, pour les seules trois années entre 2015 et 2018, un manque à recouvrer de plus de 500 milliards de centimes avait pénalisé les caisses du Trésor Public de la Daira d’Aïn El Türck, soit plus de 110 milliards pour l’année 2015, 130 milliards pour 2016 et plus de 300 milliards de centimes pour l’année 2017. Nos sources nous précisent que ce sont des pratiques maffieuses dont les auteurs utilisent pour échapper au fisc, dans une impunité complice de violation de la réglementation en vigueur.
Une Daira riche par son potentiel infrastructurel mais pauvre par ses ressources financières. Le moment est venu pour remettre les pendules à l’heure. Sachant que si une telle campagne d’assainissement fiscal à grande échelle se déclenchait, la quasi-totalité des structures hôtelières n’auront aucun autre choix que de mettre la clé sous le paillasson, incapables d’honorer la note des redressements fiscaux auxquels ils ne pourront échapper. L’ère du paradis fiscal sera révolue au profit d’une harmonisation de développement local à la hauteur de la dimension des atouts naturels !