Kaid Omar

A l’ouverture du colloque scientifique organisé mercredi par l’Université d’Oran 1 Ahmed Ben Bella à l’occasion de la célébration du 66e anniversaire de la Journée nationale de l’étudiant,, le recteur de l’Université d’Oran 1, Mustapha Belhakem, et le directeur des moudjahidine de la wilaya d’Oran par intérim, Zouani Houari, ont pris la parole en mettant en exergue l’importance de célébrer la Journée nationale de l’étudiant exhortant les étudiants à s’inspirer des sacrifices des ancêtres et à participer activement à la construction de l’Algérie nouvelle. Suite à quoi, la parole a té donnée à des moudjahidate d’Oran ont été les témoins vivants où elles se remémorent, 66 ans après, leur participation à la grève générale des étudiants algériens du 19 mai 1956 à laquelle a appelé le commandement de la glorieuse Révolution, en vue d’adhérer à la guerre pour l’indépendance du pays. La mémoire collective ressuscitée par ces braves femmes encore en vie quand elles affirment “Les étudiants, à l’époque, avaient choisi de sacrifier leur destin scientifique pour répondre à l’appel du devoir national et de s’engager dans une action politique et révolutionnaire pour délivrer le pays du joug colonial français”.

La moujahida Fatiha, fille du savant Cheikh Saïd Zemmouchi, a déclaré être âgée, à l’époque, de 16 ans et étudiait en deuxième année à l’Ecole moderne pour filles (actuellement lycée colonel Lotfi) lorsqu’elle avait répondu à l’appel à la grève générale, dans une déclaration émouvante : “Auparavant, j’avais participé à la distribution de tracts appelant à cette grève, avec six autres étudiants algériens qui étudiaient dans cet établissement scolaire dont Leila Meftah et Sakina Dziri”, a-t-elle souligné, ajoutant “après sept jours de grève, nous avons été expulsées du lycée”. Précisant que cette expulsion ne l’a pas affectée, car elle tenait à rejoindre les rangs de l’Armée de libération nationale, faisant savoir qu’elle avait déjà eu des contacts avec des militants du Front de libération nationale (FLN) pour l’aider à atteindre cet objectif. Elle relate avec fierté comment elle a été chargée par le moudjahid Ahmed Benalla, responsable des réseaux des fidaïne à Oran, de travailler avec le Chahid Ali Cherfaoui pour l’aider à mener à bien les opérations fidaïes.

Après avoir contribué à la réussite de quatre opérations ayant servi de test, Hadj Benalla décida de l’envoyer au Centre de commandement de la Révolution à Aïn Tédelès (Mostaganem) où elle a été formée au maniement des armes pour poursuivre la lutte armée jusqu’à son arrestation fin 1956, en compagnie d’un nombre de moudjahidine et de moudjahidate dont Khadidja Khatir et Ahmed Latreche Senoussi, et emprisonnée à Mostaganem et El Malah (Aïn Temouchent) jusqu’à la veille de l’indépendance.

La relayant, la moudjahida Khadidja Briksi, pour sa part, a présenté devant la nombreuse assistance composée d’étudiants et d’enseignants, un témoignage sur sa participation à la grève des étudiants, notant qu’elle étudiait à l’époque dans un lycée marocain à Oujda avec d’autres Algériens et collectaient de l’argent et des médicaments au profit de la glorieuse Révolution de libération.

Après la grève, elle a été formée avec 16 étudiants et étudiantes à utiliser les armes pendant 45 jours sous la supervision d’Abdelhafid Boussouf pour participer à la guerre de libération nationale. Elle s’est rappelée avec enthousiasme de cette épopée révolutionnaire, soulignant qu’elle a regagné le territoire national à pied avec Miri Rachida, Hadjadj Malika et autres et a participé à la guerre dans la zone 8 en compagnie du Chahid Colonel Lotfi.

Dans le même sillage de témoignages vivants et vibrants, le professeur d’université à la retraite Sam Menaouer, qui était étudiant pendant la guerre de libération nationale à l’université de Damas en Syrie et membre du bureau du Front de libération nationale dans la capitale syrienne, a fait également une intervention lors de ce colloque, où il a évoqué le rôle des étudiants algériens au Machreq arabe pour faire connaître la guerre de libération sur les plans politique et médiatique.

Au cours de cette rencontre, une communication a abordé le rôle du mouvement estudiantin lors de la guerre de libération nationale par Souafi Zahra de l’université d’Oran 1. Une communication intitulée “l’étudiant algérien pendant la phase d’édification” a été animée par Bouras Mohamed, ancien cadre du mouvement estudiantin après l’indépendance.