Linda Otsmane

Avoir un bon de chômage est devenu un véritable casse-tête pour les postulants demandeurs qui viennent chaque jour très tôt le matin parfois à partir de 04 heures pour se présenter devant le bureau local de l’emploi ANEM avec l’espoir de décrocher les premières places parmi les longues et interminables files d’attente. Sur place, nous avons recueilli des propos le moins que l’on puisse dire sont surprenants, voire choquants si l’on se confie aux déclarations des jeunes dans l’expectative. Ces derniers ont signalé que le cordon sécuritaire est nettement dépassé par le flux de la marée humaine des jeunes postulants, des agents de l’ordre eux-mêmes ‘’nerveux’’ et impulsifs, trouvent d’énormes difficultés pour imposer discipline et organisation. « Nous n’avons vraiment pas l’impression que nous vivions dans une Algérie Nouvelle et indépendante à cause de ces bousculades et interventions maladroitement mal appréciées. Notre présence sur les lieux est assimilée à un traitement de délinquants ou hors la loi. La plupart des protestataires sont des chefs de familles qui ont besoin de travailler », dira Ossama, un jeune protestataire. A ce propos, les protestataires ont déclaré qu’ils sont étouffés du fait qu’ils n’ont pas le droit à l’expression. Et ce n’est pas un rassemblement, c’est une chaîne de jeunes venus acquérir leurs bons respectifs de chômage. Pas plus où certains ont même osé nous provoquer par des propos déplacés tel que ‘’Tout rassemblement est interdit et considéré comme un agissement contraire à la réglementation en vigueur, sur un ton nous menaçant d’aller en prison ! On est malmené et humilié devant tout le monde pour nous disperser et donner l’exemple aux futurs prétendants à renoncer à recouvrer leurs droits sur décision de Tebboune. C’est une forme de dissuasion pour obliger le reste des jeunes à céder. Et d’ajouter : «Nous aurions souhaité que les responsables de l’ANEM fassent un effort pour contenir flux de jeunes loin des interventions des agents de l’ordre, dont le rôle est le maintien de la paix sociale en cas de dérapage ». En effet, l’ensemble de personnes rencontrées des deux sexes se disent las de voir leur quotidien empoisonné par le souci de trouver un poste d’emploi dans l’une des zones ayant sa réputation internationale à travers le monde dans pratiquement tous les secteurs : maritime, touristique et surtout industrielle du fait de l’existence d’un port commercial reconnu mondialement, la zone industrielle et la zone balnéaire. L’Etat a instauré une diversification en matière de modalités de recrutement pour permettre une insertion optimale de la main d’œuvre inactive et réduire un tant soit peu cette crise du chômage qui n’a jamais été maîtrisé comme le prévoyaient les estimations faites par les spécialistes dans le domaine de l’emploi, il y une dizaine d’années. En effet, l’objectif tracé aurait permis de réduire le taux du chômage à au moins 2 % et ce, par rapport aux données jusque là fournis par les institutions chargées du recensement et de l’identification des besoins exprimés localement par les entreprises employeurs. «Apparemment, la politique du recrutement à Arzew est livrée à l’échec. Même les mécanismes mis en place s’avèrent inefficaces, preuve à l’appui, le constat fait par notre équipe devant les portes de l’agence locale de l’emploi où les chaînes de jeunes se transforment en rassemblements qui passent de tout commentaire.

Des conditions rhétoriques

D’après des sources de l’ANEM, le recrutement à Arzew est un problème de taille mais qui a sûrement des enjeux ayant généré une complication et privé des milliers de jeunes d’être recrutés dans la prestigieuse zone industrielle. L’image commercialisée par certains recrutés qui refusent certaines tâches et qui ont des conditions rhétoriques sur le plan du salaire a beaucoup contribué à réduire les chances d’embauche via les offres déposées au niveau de l’ANEM. Certains d’entre eux ont été même pris en flagrant délit de consommation de boissons alcoolisées et d’autres psychotropes. Il y en a aussi des travailleurs qui ont transformé des pipes en gîtes de sieste abandonnant le travail au moment où ils sont normalement en pleine activité. Tous ces agissements malsains ont obligé les chefs d’entreprises à orienter leurs offres vers l’Agence ANEM de Bethioua où les jeunes postulants s’estiment plus respectés. Partant du principe que les jeunes en provenance des zones éparses et/ ou enclavées que compte la daïra de Bethioua ont montré une certaine volonté pour préserver leurs postes et le plus important, c’est qu’ils n’ont pas d’objection à faire en ce qui concerne le salaire ou le cadre de travail.