Linda Otsmane

Bien que des sources crédibles de l’Agence locale de l’emploi « ANEM » d’Arzew parlent d’une cinquantaine de dossiers refusés, les exclus de l’allocation chômage maintiennent leur action de protestation pacifique au quotidien devant le siège de ladite institution. Pas plus tard qu’hier, des jeunes que nous avons rencontrés sur place ont déclaré que le critère de l’affiliation à l’un des organismes chargés du recouvrement des cotisations de sécurité sociale (CNAS, CASNOS et le CNRC) demeure la première entrave les privant de bénéficier de la somme de 13 000 da décidée par l’Etat au profit de la catégorie dite « primo-demandeurs », en attendant d’éventuels programmes d’embauche. Selon Melle Addab Fatima Zohra, leur “exclusion du bénéfice de cette allocation est anticonstitutionnelle, suspicieuse, insensée et ne répond à aucune logique”. Evoquant sa propre expérience, notre interlocutrice insiste pour nous préciser que “son dossier a été rejeté par le logiciel au moment où elle voulait s’inscrire sur la plateforme du Ministère de l’Emploi”. Titulaire d’un master 2 en électrotechnique industrielle, la jeune demandeuse raconte son parcours de combattant avec ce dispositif qui, d’après elle, “n’est qu’une forme d’arnaque déguisée pour absorber la colère publique au moment où le secteur de l’emploi à Arzew, comme partout dans les zones qui requièrent la même valeur incontournable de pôle industriel et touristique de par ses atouts naturels et sa situation géographique sur le littoral oranais, est pris en otage par les relents et autres tentacules de la mafia locale qui continue à dicter ses lois en toute impunité. Les valets de la « Issaba » présents dans toutes les sphères des pouvoirs de décision, ne comptent pas s’arrêter là, investissant bassement tout le reste des secteurs stratégiques. Des réflexes autour de traditions malsaines imposant une mentalité bien ancrée qui ne cesse de faire de victimes parmi notamment les centaines de chefs de familles qui se sont vu radiés de liste des heureux bénéficiaires de l’allocation en question”. En effet, nombreuses sont les personnes qui n’en ont pas bénéficié, pour des raisons incompréhensibles. « En 2019, je me suis associée avec mon oncle qui est ingénieur en Hydraulique pour compléter le volet administratif afin de lancer un projet ANSEJ. Pour cela, il fallait s’affilier à la CNAS pour décrocher un numéro de sécurité sociale dans le seul souci que le dossier soit éligible. C’était juste une formalité parmi toute la lourde paperasse demandée. Malheureusement, notre projet n’a jamais vu le jour de son démarrage du fait de l’apparition de la pandémie et la situation d’extrême urgence qu’a vécu le pays pendant plus de deux ans nous privant de toute soumission aux marchés publics », confia notre interlocutrice. Actuellement, nombreux sont les jeunes qui réclament une éventuelle révision des modalités de l’octroi de cette allocation notamment ceux disposant d’un numéro de sécurité sociale mais qui n’ont jamais exercé. « Les enjeux de ces exclusions en masse au sein de la population inactive, mais disposant de toute sa capacité physique et mentale, peuvent entraîner des conséquences désastreuses sur la paix sociale », signale B. Mohamed Amine, un postulant à ladite allocation.