M. Hamouche

Pour son escale oranaise dans le cadre d’une tournée nationale, le chantre de la chanson algérienne Lounis Aït Menguellet a animé, dans la soirée du jeudi, un gala artistique mémorable à la salle « El Maghreb ». L’événement a drainé la grande foule composée de familles entières et de toutes les tranches d’âge. Même les officiels étaient présents sur place à leur tête le wali, des élus locaux, le secrétaire général du Haut commissariat à l’Amazighité, le Commissaire des Jeux méditerranéens, messe sportive régionale qu’abritera la capitale de l’Ouest du pays, l’été prochain. Comme à chacune de ses apparitions publiques, le chanteur draine les foules qui lui vouent un respect des plus marquants. Jusqu’à une heure avancée de la nuit, Aït Menguellat a su captiver l’attention de son public, le pousser à écouter religieusement les plus belles pièces de son répertoire riche d’une carrière de plus d’un demi siècle. Le public a repris en chœur les refrains les plus connus de l’artiste. Il l’a ovationné fortement et a dansé jusqu’à l’épuisement. Le public d’Oran a montré une nouvelle fois qu’il sait apprécier les bonnes choses et qu’il accorde peu d’intérêt aux voix des uns et des autres qui ont tenté d’annuler le spectacle pour diverses raisons. Aït Menguellet sur la scène de la salle “El Maghreb”, accompagné par son fils, Djaffar, également chanteur, musicien, s’est investi dans ce tour de chant malgré les signes de fatigue, dus à son âge – il a 72 ans – et aux précédents concerts qu’il a animés durant ce ramadhan successivement à Akbou (Béjaïa), à la salle Atlas de Bab El Oued et à l’Opéra d’Alger. Pour lui, la ville d’Oran n’est pas une terre inconnue. Il y a vécu quelques années. Une partie de sa famille y réside depuis des années. C’est là aussi qu’il a enregistré ses premiers 45 tours. Plus qu’un chanteur, Aït Menguellet est un ciseleur de vers. Les mots prennent toutes leurs forces et reflètent la sagesse qui façonne sa personnalité, son profond respect pour les autres, son humilité et sa générosité. L’artiste a suivi l’évolution qu’a connue sa société, son pays, touchant artistiquement du doigt ses tares, ses espoirs, ses préoccupations, ses problèmes et ses aspirations à de lendemains meilleurs. Au fil de sa carrière, sa thématique a évolué incontestablement. De la chanson sentimentale, où le jeune Lounis chantait ses amours déçus, inachevés jusqu’à ses derniers opus dans lesquels le chanteur aborde des sujets philosophiques, des choses de la vie dira-t-on, des préoccupations existentielles sur des questions de l’heure, sur le sens de la vie, de la mort. Il pose un regard critique, celui d’un homme marqué par les peines de la vie, mûr et qui aborde, avec sagesse et humilité, des sujets les plus divers. Jeudi dernier, Aït Menguellet a chanté au grand plaisir de ses admirateurs de tous âges. Il a retrouvé avec une joie et un plaisir certain son public, qu’il a involontairement “délaissé” en raison des restrictions sanitaires imposées par la pandémie planétaire du coronavirus. Les centaines de personnes qui l’ont suivi à la salle “El Maghreb” se sont montrés reconnaissant en lui réservant le plus chaleureux des accueils et en le gratifiant d’un long standing ovation à la fin du gala. Même les officiels ne se sont pas privés pour exprimer, devant les journalistes, leur satisfaction et pour monter sur scène afin de féliciter l’artiste pour cette agréable soirée du ramadhan, concocté par l’Office national de l’information et de la culture (ONCI). Après Oran, Aït Menguellet animera, cette semaine, deux spectacles à Tizi Ouzou avant de s’envoler pour l’étranger où l’attendent avec impatience ses fans.