KAID OMAR

Tout le monde en parle mais personne ne décide de peur de se faire brûler et peut-être même remettre en cause toute une carrière. L’on se rappelle comme si c’était hier. Ce fut un temps, il y a jadis de cela où l’inauguration du chantier de réalisation d’un marché de proximité sis au quartier baptisé “Hay Nakhil” dans le territoire de la commune de Aïn El Türck, remonte à plus de dix ans, une structure d’utilité publique soumise à un délai de réception ne dépassant pas les 18 mois. Une décennie après, les portes restent cadenassées, créant ainsi une situation de déliquescence qui semble, à priori, toujours collée aux basques des gestionnaires de la municipalité peu soucieux des préoccupations citoyennes, encore moins de celles de centaines de jeunes dont la réalisation de cette structure d’appoint est le seul espoir, à même d’éviter à rester soucieux pour ne pas sombrer dans la précarité et les bas fonds d’un environnement social sans répit. Accusant un retard inexplicable pour sa mise en exploitation de plus de 7 ans, sous l’égide de 3 Exécutifs Communaux, dont l’actuel fraîchement installé, assimilés à des Etats- Majors municipaux qui se sont succédés pour gérer ce dossier, mais l’énigme est bien présent depuis des lustres.

Un énigmatique état de fait, qui a été maintes fois vivement décrié par les 370 bénéficiaires et par les contribuables de la commune

Un énigmatique état de fait, qui a été maintes fois vivement décrié par les 370 bénéficiaires et par les contribuables de la commune, provoquant d’innombrables contestations des concernés, qui n’ont jamais caché leur ras-le-bol, allant même à assiéger les sièges de l’APC et celui de la daïra à répétita. Des postulants qui se sont sentis légitimement lésés. Et pour juste cause. Des locaux et des étals projetés dans le cadre des dispositifs Cnac, Ansej et Angem, restent toujours fermés aux centaines de jeunes avides de s’assurer d’un avenir incertain, parsemé d’embûches épineuses. Initialement concoctées par l’ex APC sortante en 2017, plusieurs épisodes de séries noires ont déferlé initiée par la confection des listes des bénéficiaires, à chaque fois dénoncée par les postulants, reprochant aux décideurs de l’époque le caractère “ségrégationniste” et le “favoritisme” accordé à certains bénéficiaires. Un cadeau empoisonné dont a hérité l’Exécutif en Novembre 2017 à son investiture et pour lequel il fallait trouver une issue salutaire sans ambages, encore moins de déséquilibres dans les critères d’attribution. La procédure de recours finalisée semble avoir contenté toutes les parties concernées. Entre temps, le site et les équipements ont subi d’énormes dégradations où les bénéficiaires refusent d’occuper leur nouveau lieu de travail, invoquant notamment la détérioration des locaux, l’absence d’électricité et de l’eau courante ainsi que la disposition des étals extérieurs. Livré aux mignardises de la nature et aux actes de vandalisme depuis sa réalisation, ce marché s’est dégradé au fil des jours au point de nécessiter une opération de restauration bien avant sa livraison. En 2018, le coût estimatif initial qui était de l’ordre de 40 millions de dinars a été inévitablement revu à la hausse.

Le Trésor Public en a subi les frais et par à coups, c’est le contribuable qui assumera la facture

Le Trésor Public en a subi les frais et par à coups, c’est le contribuable qui assumera la facture. Une situation qui a forcé les services municipaux à procéder à des opérations de réfection et d’aménagement pour une éventuelle mise à disposition au profit des bénéficiaires et dont une première date a été avancée et qui devait coïncider avec le 20 Août 2018, à l’occasion de la célébration de la journée du Moudjahid. D’autres contestataires, notamment des ex-propriétaires de kiosques ayant été démolis pour les besoins de projets d’utilité publique, s’estiment avoir été marginalisés dans cette distribution en dépit d’une attestation d’indemnisation, qui leur a été délivrée en 2010 par l’APC de l’époque. “C’est une autre paire de manches à laquelle nous essaierons de trouver une alternative”, confiera le chef de Daira dans une déclaration à chaud, allant même à lâcher la date-butoir du 1er Mars écoulé avant d’affirmer “C’est l’affaire de l’APC et nous serons toujours disponible à soutenir les initiatives prioritaires qui nous préoccupe le plus et qui peuvent soulager toute la population’’. Un véritable dilemme qui continue à hanter les esprits des pouvoirs publics, gestionnaires de daira, élus, ex –élus et ex responsables au niveau de la wilaya : l’inévitable et nécessaire ouverture de ce marché de proximité, lié plus particulièrement aux épineuses opérations de délocalisation de l’actuel marché de fruits et légumes. Une délocalisation pour le grand soulagement des habitants domiciliés à l’intérieur et aux abords immédiats, qui n’ont jamais cessé de dénoncer les multiples contraintes et autres désagréments causés sur leur cadre de vie”. Maints délais ont été fixés mais jamais respectés, 2018 à 2 reprises, 2019 à 3 reprises, 2020, 2021 et récemment. Et comme le hasard fait souvent le bonheur des ex-élus, actuels élus et même ceux qui brigueront le poste en 2026, c’est encore et toujours des prétextes préfabriqués, présentés sous le seing d’obstacles objectifs, érigés en porte à faux.

Qui fait quoi ? Que craignent les pouvoirs publics ? Y a-t-il une autorité de l’Etat à faire prévaloir et respecter ? Y a-t-il d’autres mains noires derrière de telles convoitises ?

Qui fait quoi ? Que craignent les pouvoirs publics ? Y a-t-il une autorité de l’Etat à faire prévaloir et respecter ? Y a-t-il d’autres mains noires derrière de telles convoitises ? Dans la capitale de la Corniche de tels scandales sont légion, où tout le monde n’ignore pas que le foncier et l’urbanisme sont les deux chevaux de bataille qui font et défont les lois au bord des plages de la cité balnéaire. Tout se joue sur fond d’alliances ou de guerre de clans. Des séries noires qui ont de longs jours devant elles au grand dam des jeunes en quête de stabilité et d’espoir… Au bout du compte, ces mêmes cercles mafieux vont se lamenter sur le sort de jeunes harraga qui ont péri au large des côtes turckoises. A qui la faute ?