B. Belhadri

En moins d’une quinzaine de jours, le prix du poulet sur les marchés d’Aïn Temouchent est passé de 400 à 310 dinars le kilo soit une baisse de l’ordre de 25%. Cette situation, si elle suscite un soulagement chez les consommateurs, pose également la question des causes des variations fréquentes et disproportionnées du prix du poulet de chair. La sacro-sainte loi de l’offre et de la demande explique-t-elle, à elle seule, cette situation ? Un vendeur de volailles, implanté dans la rue Pasteur, au chef-lieu de wilaya, dira que « les choses ont changé. Aujourd’hui, tout se décide au téléphone et les prix connaissent des fluctuations quotidiennes ».
La ménagère reste indécise : elle revoit ses comptes chaque fois quand elle décide d’aller faire ses commissions au marché. Pour ce boucher, « le poulet de chair est l’objet de transactions continuelles, à l’échelle nationale, de la part d’un lobby du poulet de chair ou des courtiers qui décident et fixent les prix », explique-t-il. Comment font les 420 bouchers de la wilaya pour s’approvisionner en viandes blanches se demande-t-on ? Les hangars avicoles de la wilaya suffisent-ils pour subvenir aux besoins des consommateurs ? Aujourd’hui les différents opérateurs assurent une production moyenne entre 30 à 50.000 e poulets par jour et celle-ci n’est pas destinée uniquement aux besoins de la wilaya.
Les bouchers qui disposent des unités d’abattages, licites ou illicites préfèrent s’approvisionner chez les éleveurs des wilayas de l’intérieur. « Nos fournisseurs ont des contrats avec les éleveurs de Saïda. Le poulet vivant a été cédé à 230 DA/Kg et la viande à 310 DA/Kg, le week-end dernier, a-t-il ajouté.
Un autre boucher de la rue adjacente à la rue Pasteur, explique que « les aviculteurs des régions froides, craignant les calamités naturelles caractérisées par les chutes de neige et la gelée noire se sont trouvés contraints de baisser les prix pour minimiser les pertes ».
Les observateurs du marché estiment que cette baisse n’est que conjoncturelle. La viande blanche constitue un palliatif pour remplacer la viande rouge inabordable même pour les bourses moyennes. « Les consommateurs, faute de mieux, se rabattent sur le poulet de chair, les abats, le pâté de poulet », explique-t-on. Avec l’approche du mois du ramadhan, les prix partiront inévitablement à la hausse, tout comme les autres produits de large consommation. Il y a lieu de revoir le marché des viandes dans sa globalité pour imposer une certaine accalmie et stabilité des prix.