Boualem Belhadri

L’école de formation technique de pêche et d’aquaculture (EFTPA) de Beni-Saf compte améliorer ses prestations en matière de mise à niveau des connaissances des gens de mer conformément aux nouvelles orientations de la tutelle. Ainsi, des journées d’étude sont proposées aux professionnels du secteur. Le thème proposé actuellement est le plan d’aménagement et de gestion des madragues à l’échelle de la wilaya d’Ain Temouchent. A ce titre, une journée d’information et de concertation a été mise sur pied sur le thème de la madrague, terme qui renvoie à un filet fixe conçu pour la pêche du thon migrant régulièrement en longeant certaines côtes, en particulier des thons rouges. Ce filet peut aussi capturer d’autres poissons de passage comme le germon, la bonite et l’espadon. Selon les explications fournies, les professionnels ont cette tendance à vouloir revenir à cette technique de pêche au thon rouge traditionnelle en Méditerranée. Il s’agit d’une pratique assez difficile qui consiste à piéger des bancs de poissons au cours de leurs migrations le long des côtes. Les filets de grandes dimensions sont disposés de manière à former un piège à étages successif et à diriger et rassembler les thons vers la « chambre de mort ».
Les filets sont ancrés au fond et retenus en surface par des flotteurs. Lorsque des poissons sont pris, des bateaux viennent se placer tout autour de la chambre de mort, puis les filets sont relevés progressivement. Selon les anciens professionnels expliquent que l’expression « madrague » vient du mot arabe algérien « tedrague » signifiant se cacher, se mettre à l’abri, en mer d’où « i’madrague », c’est-à-dire abri de pêche. Enfin le plan d’aménagement et de gestion des madragues dans la wilaya d’Ain Temouchent est un instrument de travail, encore à l’état embryonnaire nécessitant beaucoup de moyens que les professionnels n’en disposent pas à présent, estiment les professionnels.