Linda Otsmane

«Seule la création d’un CET (centre d’enfouissement technique) peut contenir les quantités importantes de déchets ménagers déversées quotidiennement dans la décharge sauvage de Haï Gourine », apprend-on de sources concordantes du secteur urbain El Mohgoun. Cet endroit est devenu la principale entrave qui paralyse l’avancement des travaux à utilité publique dont la localité d’El Mohgoun devait bénéficier dans le cadre du PSD (Programme Sectoriel de Développement), notamment le nouvel échangeur traversant Haï Gourine pour relier la commune de Sidi Ben Yebka à celle d’Arzew. Sachant qu’une fois opérationnel, cet ouvrage apportera un plus au secteur du commerce, de fait qu’il est censé procurer le port commercial d’Arzew en matière première en provenance des Carrières de Sidi Ben Yebka comme le marbre et l’agrégat. Cette décharge publique à ciel ouvert a contribué d’avantage dans la dégradation de l’aspect environnemental de toute une agglomération qui demeure exposée aux maladies respiratoires, surtout que les opérations d’incinération se font actuellement d’une manière régulière pour absorber les tas d’ordures entassées partout. Certains riverains peu scrupuleux, déposent des immondices en plein boulevard gênant ainsi le chantier installé à quelques mètres. Selon certains habitants, le défaut d’un mur de clôture délimitant la superficie de la décharge a empiré la situation. « On a souvent affaire aux chauffeurs de camions venus d’ailleurs pour se débarrasser des remblais générés par des entreprises de production industrielle. Nous avons saisi à maintes reprises les autorités concernés afin de procéder à l’application des mesures draconiennes contre ces contrevenants mais en vain », dira un riverain. Le souhait des habitants est d’obtenir des responsables concernés un lieu qui puisse servir de décharge et surtout la fermeture des bouches d’égouts dont les couvercles ont été dérobés. Notons que dans le cadre de l’application de la politique de la gestion des déchets solides, le groupement Oran- Est constitué entre autre des communes de Mers EL Hadjaj, Arzew, Gdyel et Bethioua a fait l’objet d’une étude technique établie par le bureau d’étude EEG/ Simescol. Cette étude a indiqué que l’ensemble des communes du Groupement- Est présente des facilités pour le choix d’un site pour la projection d’un centre d’enfouissement technique. Par ailleurs, l’on a constaté que l’état des lieux attire des meutes des chiens errants venus trouver refuge dans ce lot. Mais tout cela n’a rien de comparable avec la peur que provoquent ces molosses quant ils se retrouvent nez à nez avec des jeunes enfants qui s’adonnent au ramassage des produits recyclables comme le plastique et autres ferrailles.

Des enfants exploités

Un nouveau métier commence à prendre de l’ampleur au niveau de la décharge sauvage de Haï Gourine. C’est celui du ramassage des produits ferreux servant de matière première après le recyclage. Très tôt le matin, des gamins ratent même leurs études pour se donner rendez- vous au niveau de ce site ou les odeurs nauséabondes émanant de l’incinération empoisonnent l’environnement. Ces gosses trimbalant de gros et lourds sacs, sillonnent à longueur de journée, tout le site pour s’assurer quelques dinars dans ce nouveau genre de commerce. D’après les déclarations de certains d’entre eux, les produits récoltés sont remis par la suite à un propriétaire d’une charrette hippomobile. Ce dernier procède à la commercialisation de ces produits dans le marché informel de Hai Nedjma (Ex Cheteibo). Interpellés certains enseignants au niveau de l’école primaire de Haï Gourine, ils nous ont mis en relief la complicité des parents qui justifient toujours l’absence de leurs enfants. « Nous souhaiterons vivement que les agents de sécurité effectuent des tournées d’inspection pour parer à l’embauche clandestin de cette masse infantile exploitée», dira un enseignant.