O. Degui

Depuis quelques semaines, plusieurs quartiers et communes de Tlemcen croulent sous les déchets ménagers. Au niveau de la cité de Bab El Djiad, plein centre-ville de Tlemcen, s’est transformé ces derniers temps en une petite décharge pour le quartier. Une montagne de sacs-poubelles, cartons d’emballage et autres détritus s’entassent depuis des jours. A Oujlida, cette zone d’habitat urbaine, au nord du chef-lieu de la wilaya de Tlemcen, qui devait être le prolongement du tissu urbain, s’est transformée, lui aussi, en un véritable bidonville, où il ne fait plus bon vivre. Et pourtant, le site s’étale sur un paysage naturel, entouré de collines et de grands espaces. Le plus important programme de logements a été réalisé à Oujlida, qui accueille plus de 15.000 bénéficiaires de différents programmes de relogement (social et AADL). Cependant, les conditions de vie se dégradent de jour en jour. Les résidents de la cité des 300 logements LSP, quant à eux, vivent un véritable enfer. Comme partout ailleurs, les ordures ne sont pas ramassées, elles sont brûlées sur place. Les odeurs et les fumées toxiques sont devenues un véritable danger pour la santé des riverains, obligés à laisser les fenêtres fermées, parfois pendant des jours entiers. Ce phénomène est en train de s’étendre à d’autres quartiers : Mansourah, Kiffane en particulier, où l’incinération du plastique et des aérosols est dangereuse, notamment pour les personnes souffrant d’insuffisances respiratoires. Des citoyens exposés à ce danger s’interrogent sur le comportement des éboueurs qui, au lieu d’acheminer ces déchets vers le centre d’enfouissement de Saf-Saf, se contentent de les brûler sur place, sans qu’ils ne soient rappelés à l’ordre par les services d’hygiène. Avec la prolifération des ordures, amoncelées un peu partout, on assiste à une présence envahissante des rongeurs, qui s’introduisent à l’intérieur même des habitations. Les chiens errants sont de retour. Ils rodent à longueur de journée autour des bacs à ordures bondés. «Il est vrai que les services publics sont parfois défaillants, mais les citoyens aussi doivent s’impliquer dans l’entretien de leurs cités», tient à rappeler Djelloul, le président d’une association de quartier.