Linda Otsmane

Une réunion de travail regroupant des représentants des armateurs, des patrons de pêche, des responsables de l’EGPP (Entreprise de Gestion des Ports de Pêche) ainsi que des représentants de l’Association des Pêcheurs s’est tenue hier au niveau du port de pêche d’Arzew afin de statuer sur le sort de la grève illimitée préalablement décidée par l’ensemble des mandataires activant au niveau de cette structure.
Lors de cette réunion, il a été question d’évoquer les problèmes qu’endure quotidiennement cette catégorie dite « des gens de mer ». Selon des sources portuaires, l’on saura que la décision du gel des activités liées à la pêche intervient suite à l’application des droits de quai qui sont revue à la hausse selon les décrets règlementaires actuellement en vigueur. En effet, auparavant les mandataires devaient s’acquitter d’une somme symbolique de 15 da/la caisse du poisson lors du débarquement de la marchandise pour son écoulement soit en gros, soit en détaille pour la revente libre dans les marchés, cependant cette procédure a été aussitôt modifiée au profit des impôts. Ainsi, une nouvelle tarification s’impose faisant de ces activités halieutiques un générateur d’autres ressources financières. Les patrons de pêche sont désormais contraints de verser un montant de 10 000 DA mensuellement comme taxe fiscale sur l’occupation du terrain au niveau de la pêcherie. Une décision qui n’a pas été du goût de l’ensemble des pêcheurs eu égard à la nature de l’activité exercée souvent soumises aux conditions climatiques notamment en cette période ou la pêche en haute mer est perturbée par les intempéries qui se sont abattues sur la région depuis plus d’un mois environ. « Plusieurs chalutiers se trouvent sur le quai depuis quelques jours du fait de l’indisponibilité des moyens adéquats qui permettent de poursuivre la pêche en temps pluvial. Ainsi, les marins pêcheurs n’ont pas de sources pour subvenir aux besoins de leurs familles en attendant une éventuelle reprise du travail », dira un armateur que nous avons interpellé sur place.
Rappelons qu’en matière de ressources humaines, le port de pêche d’Arzew a été renforcé par des centaines de marins pêcheurs notamment dans les spécialités d’électromécanicien et de patron de pêche. D’autres options comme la pêche en haute mer, les amendements des filets, la réparation de navire et l’assistance des navires lors de l’accostage ont été introduites conjointement par l’Institut techniques de la pêche et de la pisciculture (IRTPP) d’Oran et l’Association des Pêcheurs d’Arzew et ce, dans le cadre de la régularisation des activités portuaires. A la fin de chaque formation d’une durée de 45 jours, les stagiaires bénéficient d’un CAP (Certificat d’Aptitude Professionnel) leur permettant également une insertion dans plusieurs postes d’emploi saisonniers liés à l’entretien des dépôts frigorifiques, la vente de matériel de pêche et la réparation des embarcations. Les formations sont assurées par des formateurs venus du dit Institut, dont un ramendeur et un pompier pour apprendre aux stagiaires les ficelles du sauvetage et l’assistance des personnes lors des incidents, notamment les noyades.