Il y a 189 ans, l’émir Abdelkader fut proclamé chef de la résistance contre l’invasion française. Plusieurs tribus de l’Ouest lui ont fait allégeance ou Moubayaâ dans la plaine de Ghriss, sous un frêne connu sous le nom d’edardara scrupuleusement conservé. La Fondation Emir Abdelkader et l’organisation nationale des moudjahidines d’Oran (ONM) commémoreront ce jeudi 25 novembre, au lieu du samedi jour des élections locales, cette journée historique par une conférence.
La moubayaâ s’est déroulée le 27 novembre 1832. C’est l’acte fondateur de l’État algérien crée par l’émir Abdelkader dans le sens le plus complet du terme. Âgé à peine de 24 ans, il devenait commandeur des croyants. Cette qualité a été attribuée par les fidèles au Prophète (QSSSL). Ainsi, la sacralité de l’investiture dépasse le cadre étroit de la démocratie, car elle intègre la choura ou concertation. L’émir Abdelkader s’est comporté de manière exemplaire dans la crainte révérencielle d’Allah. Tout au long de sa vie, les dures épreuves affermiront en lui les vertus et les qualités coraniques.
La vocation première et dernière de l’émir Abdelkader est l’étude et la contemplation. Mais, en tant que wârith muhammadî, héritier mohammadien, il lui fallait joindre l’action à la contemplation. Prédisposé pour le grand jihâd, c’est-à-dire la lutte contre les passions et les illusions que nous secrétons tous, l’émir a accepté pour un temps de pratiquer le petit jihâd, la guerre défensive contre un ennemi extérieur, tant que son devoir lui semblait se trouver là.
C’est lui qui prend l’initiative de rédiger un règlement dans lequel il impose à ses soldats le respect absolu des prisonniers français, et ceci bien avant les conventions modernes qui datent de 1949.
Une loi sévère de l’émir Abdelkader commande le respect et les plus grands soins pour les prisonniers ; l’émir a pris pour modèle sur ce point le Prophète Mohammed (QSSSL). Ce n’est pas un humanisme contourné ou affecté qu’il pratique, puisque les prisonniers mangent la même nourriture que lui. On comprend que tel ancien prisonnier français, devenu gardien du Jardin des Tuileries, ait demandé à être muté à Pau, où était alors retenu l’émir, ou que tel autre ait supplié l’émir de le laisser partir avec lui en Turquie pour le servir.
L’armée française, on le sait, était loin d’avoir les mêmes égards pour les prisonniers algériens.
La hauteur de vues de l’émir apparaît dans le fait que, alors qu’il combat cette armée coloniale, à aucun moment il ne fait d’amalgame entre l’impérialisme agressif de la France et la religion chrétienne.
Au beau milieu des hostilités, il noue des liens avec des représentants du christianisme et prône un rapprochement entre les deux religions. C’est là qu’intervient le charisme de l’émir.