B. Belhadri

L’île de Rechgoun, connue également sous le nom de Leïla, est proposée par les écologistes et les spécialistes du milieu marin pour qu’elle soit classée en réserve marine après son classement en zone humide, en 2009, par la Convention Ramsar. Située dans la wilaya d’Aïn Temouchent, cette ile s’étend sur une superficie de 26 hectares. Elle se trouve près de l’embouchure de l’Oued Tafna et à 8 kilomètres du port de Beni-Saf. L’ile, avec son relief accidenté et comportant de nombreuses grottes, des failles, des éboulis et des escarpements susceptibles d’accueillir un grand nombre d’espèces d’oiseaux de mer, constitue un important site de nidification du Goéland argenté, selon le président de l’association écologique « Echourouk » de la wilaya. Plusieurs espèces de mammifères et d’oiseaux ont disparu pour moult raisons dont principalement le braconnage nocturne. Aujourd’hui, les lieux connaissent une dégradation continue de l’environnement et de la pollution engendrée par les visiteurs qui ne respectent aucune règle d’hygiène et de préservation de ce site naturel. Aujourd’hui, le principal problème que posent les associations écologiques et environnementales du milieu marin est l’absence d’une structure qui se charge de la gestion et de la protection de l’île. En attendant que ce vœu se concrétise, certains spécialistes proposent la désignation à titre provisoire de l’administration qui gère l’aquarium de Beni-Saf, une structure spécialisée dans le domaine de la préservation des espèces rare en extinction dans le bassin méditerranéen, pour assurer cette mission, d’autant plus cette station dispose des compétences scientifiques avérées. Il est à rappeler qu’un bureau d’étude français a réalisé une étude d’aménagement de l’île qui a coûté plus de 10 millions de dinars. L’enveloppe allouée à la réalisation a été estimée à plus de 29 millions de dinars dépassant l’autorisation du programme. Ce qui s’est traduit par un appel d’offre infructueux. Selon une responsable chargée du dossier du plan d’aménagement de l’île de Rechgoun, le projet d’aménagements de l’île prévoit la réalisation de deux hangars à bateaux, le redimensionnement du quai qui passera de 5 m à 20 m et sa reconstruction, l’aménagement des accès en direction de la tour et le relèvement de la capacité d’accueil du phare pour les étudiants et les chercheurs. L’idée d’inscrire des projets de travaux d’aménagement de l’île est de Rechgoun est bien reçu par les parties intéressées. Celles-ci estiment qu’attribuer sa gestion, sa maintenance et sa protection à une institution dotée de moyens humains et financiers est primordiale avant d’entreprendre une quelconque démarche. Ce qui éviterait d’éviter des dépenses publiques pour des projets inachevés ou mal définis.