Mokhtar C.

La consommation du tabac par une bonne partie chez les adolescents écoliers notamment dans le cycle moyen et secondaire, n’est plus un secret. Les chiffres communiqués d’année en année, font état de la propagation du phénomène et l’échec en face des politiques de lutte contre le tabagisme en milieu scolaire.
Une récente enquête des services de santé, s’est penchée cette fois-ci, sur la consommation d’un autre produit considéré plus dangereux que le tabac classique, celui de la cigarette électronique.
En effet, ce rapport explique que 27 % des adolescents consomment la cigarette électronique dont l’impact sur la santé est considéré comme dangereux, voire plus que la Chicha, dont fumée contient autant de pollution au monoxyde de carbone (CO) qu’environ 15 à 52 cigarettes et autant de goudron que 27 à 102 cigarettes.
Les médecins expliquent que dans la conscience collective la cigarette électronique est devenue un substitue du moindre mal que la cigarette, alors que la réalité est toute autre, ajoutant que les adolescents sont une proie facile à cette machine commerciale qui présente cette cigarette électronique comme une tendance du moment avec des goûts et parfums différents.
Du point de vue des sociologues, la cigarette chez les adolescents est devenue un moyen d’affirmation de soi et de virilité que chez les filles c’est un moyen d’exprimer des pseudos libertés et émancipation dans la société.
L’augmentation du nombre de consommateurs de tabac en tous genres et notamment le tabac à chiquer à un jeune âge, est néfaste pour la santé estime les spécialistes, qui alertent sur un rebond des maladies respiratoires et autres types de cancers comme celui des poumons et la gencive.
Le chef service de prévention auprès de la direction de la santé qui n’a pas caché son inquiétude quant à la propagation du phénomène parmi les jeunes, a soulevé la nécessité de l’application strict et ferme du décret exécutif de 2001, interdisant la consommation du tabac dans les espaces publics et les circulaires de 2001 et 2007 émises par le ministère de la Santé ainsi que l’ordonnance de 2014, interdisant la consommation du tabac dans les établissements de santé et la consommation de la Chicha dans les cafétérias et salon de thé, notamment des jeunes de moins 19 ans.
Contrairement aux idées reçues, estiment les spécialistes, fumer la Chicha augmente le risque de cancers, de bronchites chroniques et de problèmes cardio-vasculaires. La sensation parfumée agréable est trompeuse car les fumeurs n’ont pas idée de la quantité de produits toxiques inhalés et de leurs effets nocifs à long terme.
Les chiffres montrent que plus de 50% des fumeurs en Algérie ont moins de 27 ans, alors que 7000 cas de cancer et 23 autres maladies liées à la cigarette sont diagnostiqués chaque année, dont 74 % des cancers de la bouche, a expliqué le Dr. Ouardi Issa, ajoutant que « la fumée de la Chicha libèrent lors de la combustion près de 4000 substances chimiques ». Cette situation, nécessite la multiplication des efforts de tous les intervenants, notamment la société civile.