Chahmi B.

Le phénomène du vol des bouches d’avaloirs continue à saigner les caisses de l’Etat. Les cas n’ont pas baissé depuis des années, causant ainsi des préjudices aux citoyens. Les ferrailleurs sont bien évidement les premiers pointés du doigt. Pour eux, un couvercle d’égout vaux cher à la vente illicite, c’est pour cela ils sont très ciblés.
L’image de bouches d’égouts fermés avec des pneus de voiture, morceaux de bois, grosses pierres, semble devenir un élément omniprésent dans le décor des ruelles et boulevards de presque toutes les communes d’Oran. En fait les réseaux de trafic de métaux ferreux, ont doublé de leur activité lucrative, volant les tampons des regards d’égouts, parfois en plein jour.
La reprise du vol des couvercles des avaloirs a récemment été constatée dans plusieurs quartiers de la ville d’Oran. 20 couvercles disparaissent en moyenne chaque semaine. Les habitants de plusieurs quartiers d’Oran se réveillent presque chaque jour face au vol d’un certain nombre de couvercles d’avaloirs. Ce phénomène a été constaté dans plusieurs autres quartiers de la wilaya d’Oran, notamment ceux des communes du groupement d’Oran, à savoir Oran, Es-Sénia et Bir El-Djir. Les quartiers les plus touchés du groupement d’Oran sont Es-Sénia, haï Es-Sabah, Hai El Yasmine 1 et 2, Hai El Nour, l’USTO et Yaghmoracen. Dans une tentative visant à lutter contre ce phénomène, les services des communes ont pensé à souder les couvercles des avaloirs pour les protéger contre le vol. L’expérience a été lancée par le secteur urbain Yaghmoracen. Samedi dans la matinée, les éléments de ce secteur urbain, ont soudé les tampons des regards de la cité Yaghmoracen. Cette solution demeure provisoire, car elle n’est pas sans contrainte notamment durant la saison des pluies, en cas d’inondations où il sera nécessaire d’ouvrir les avaloirs. Il faut savoir que le vol des bouches d’avaloirs est l’œuvre des réseaux de trafic de métaux ferreux. Ces couvercles métalliques sont vendus aux trafiquants des métaux ferreux et non ferreux. «Les tampons atterrissent généralement dans les grands marchés de la ferraille, à l’image de celui de Chteibo», affirment de nombreux habitants. C’est dire qu’il ne s’agit nullement d’un secret et que des dispositions peuvent être prises en aval et en amont pour barrer la route à ce trafic. Souvent, les APC sont prises de court par ce phénomène qui représente un danger pour les automobilistes, surtout la nuit, car risquant carrément un renversement du véhicule dont la roue s’enfonçait subitement dans les avaloirs sans protection. Ce phénomène cause aussi des préjudices financiers estimés à des milliards de centimes aux pouvoirs publics, sachant que le prix de chaque unité avoisine les 18.000 dinars.