I. Yacine

À seulement deux kilomètres du chef-lieu de la wilaya de Mascara, quatre familles vivent des conditions précaires à Mamounia. Il s’agit des familles portant le nom Madani. Les parents et une dizaine d’enfants en bas âge partagent, depuis plusieurs années, le même toit d’une « habitation » qui risque de s’effondrer à tout moment. La demeure totalement dépourvue des commodités de vie n’est qu’une ancienne ferme cachée aux yeux du monde dans les collines du lieu-dit Mekadime. « Cela fait vingt-deux ans que nous occupons ce qui reste de cette ferme. Ces derniers temps, la situation se complique davantage et les difficultés s’accroissent.
Nos enfants notamment souffrent le martyr. Le malheur, c’est que nous n’avons pas les moyens financiers nécessaires pour sauver nos enfants de cette situation qui n’a que trop durée », nous dira Djilali (50 ans), sans emploi et père de deux enfants. Ces quatre familles en souffrance méritent la plus grande attention des pouvoirs publics. Les enfants scolarisés dans l’école primaire du douar Sidi Daho et le CEM Ibn Badis, sis au quartier Ain Kahla (Mamounia), portant chacun un lourd sac à dos, parcourent au moins un kilomètre à pied pour se rendre à l’arrêt de bus de Sidi Daho. « Pendant les temps pluvieux, nos enfants sont contraints de s’absenter de leurs cours parce qu’ils ne peuvent pas se rendre à leurs établissements scolaires », nous dira la maman de la fillette Fatima (12 ans) scolarisée en première année primaire. Fatima et sa sœur jumelle Aya, en débit des difficultés, veulent réussissent pour garantir leur avenir et sauver leur parent. « Mon rêve, à l’instar de tous mes frères et sœurs, est de vivre dans un logement décent. Ici, les serpents et autres reptiles menacent nos vies.
Ainsi, l’habitation est fissurée et menace de s’écrouler sur nous à tout moment », nous dira timidement la petite Fatima.