Fatima B.

Le wali d’Oran, a été le témoin d’une situation désastreuse, lors du coup d’envoi de la rentrée scolaire 2020/2021, effectuée ce mercredi matin à partir de l’établissement scolaire Dr Benzerdjeb sis au quartier des Castors. Le Chef de l’exécutif qui avait pourtant, donné des instructions fermes aux responsables de mettre à la disposition des établissements scolaires tous les moyennes nécessaires quelques jours seulement avant la rentrée, a été confrontée à une réalité amère en ce jour symbolique qui sonne le retour des enfants aux classes après 08 mois d’arrêt. Le doigt sur la plaie a été mis par une enseignante qui a pris son courage à deux mains pour dénoncer une situation catastrophique qui n’est malheureusement pas propre à l’école où elle exerce. Il s’agit de l’absence des femmes de ménages et le manque de moyens d’hygiène. Dans cette école selon cette enseignante, « une collecte a été faite auprès des parents d’élèves pour acheter les produits détergeant et pour payer une femme de ménage, le curage de la fosse septique a été également payé par un parent d’élève au prix de 2,5 millions de cts. ». L’enseignante travaillant depuis plus de 30 ans dans cette école a déclaré au wali que les tables des classes datent de l’ère coloniale, ce qui a semblé provoqué la colère du premier responsable de la wilaya, non pas contre les responsables du secteur mais contre l’enseignante. Il a voulu s’assurer de ses dires et s’est rendu dans une classe pour découvrir, une table tellement usée qu’elle a été couverte par du papier. Cette table portait la place de l’encrier dont l’utilisation est révolue depuis l’indépendance. Que cette table date de l’ère coloniale ou non le fait est que les élèves de cette école sont installés sur les tables en piteux état. La discussion de l’enseignante avec le wali a fait hier le tour des réseaux sociaux, provoquant l’indignation de la population.

Une rentrée scolaire difficile à Oran

« Cap Ouest » a maintes reprises, relevé dans ses précédentes éditions, les retards considérables dans le lancement de l’opération de désinfection des écoles, et la non-implication des responsables des communes, un constat rappelons le qui a été mis en évidence par l’UNPEF. Ce syndicat, a crié au scandale après avoir constaté que la majorité des établissements scolaires souffrent d’un état d’insalubrité général, suite à la multiplication des déchets, des classes proies à la poussière, et des sanitaires horrifiantes, ajoutant a cela le manque de moyens matériels comme les chaises et des tables dans une bonne parties de structures éducatives. Le syndicat révèle aussi que la suite que la majorité des écoles ont vécu une nuit blanche, ou les parents d’élèves, enseignants et personnel administratif, ont multiplié des efforts afin de garantir l’application du protocole sanitaire dans le cadre de la lutte contre les contaminations au coronavirus (Covid-19) et protéger tout le monde.

90 % des établissements scolaires ne possèdent pas de thermomètres selon l’UNPEF

Le bureau de la wilaya d’Oran, de l’Union national des professionnelles de l’Enseignement et de la formation (UNEF), n’a pas tardé pour réagir et exprimer sa désolation face à ce qui présente selon ces dirigeants comme la rentrée scolaire des plus difficiles à la veille de l’installation d’une commission de suivis des préparatifs engagée avant la rentrée scolaire. Le coordinateur local de ce syndicat, M. Mahrez Hamouda, a révélé à « Cap Ouest » que les difficultés rencontrées en ce premier jour du retour aux classes étaient prévisibles, ajoutant que la majorité des établissements scolaires ont dû trouver des moyens de subterfuge face à l’absence des responsables des communes, ajoutant par exemple que 90% des écoles n’ont pas pu garantir un thermomètre pour s’assurer de la température des élèves avant d’entrer à l’école. Encore une fois les parents d’élèves ont été appelés à contribution.

Des écoles restées fermées pour manque de moyens

L’UNPEF a dénoncé par ailleurs que certains établissements scolaires n’ont pas ouvert leur porte aux élèves, comme le cas de l’Ecole El Nedjma 07 à Sidi Chahmi, qui s’est vu dans l’incapacité d’appliquer le protocole sanitaire suite au manque d’hygiène et l’absence d’une opération de désinfection. L’UNPEF a appelé dans ce sens, les autorités locales à intervenir rapidement et assurer les moyens matériels et des agents d’entretien pour ces établissements.
le fait est que la direction de l’Education, tente d’appliquer le protocole sanitaire au niveau des écoles primaires en dépit des difficultés sur le terrain, notamment au niveau des écoles qui exercent sous un système de vacation et garantir un bon fonctionnement entre les horaires de la matinée et celles de l’après midi.