Boualem Belhadri

L’appellation “zones d’ombres” cadre assez bien avec les entités les plus reculées qui sont oubliées et qui se trouvent assez bien dans leur séant quand on les entend parler. Ces populations qui préfèrent l’isolement vivent pour la plupart d’entre -elles de la pratique de l’élevage (avicole, ovin, bovin) ou de l’agriculture (la monoculture céréalière) et assez rarement d’arboriculture ou de maraîchage. Souvent elles sont implantées sur des terres communales et y vivent depuis des lustres, de père en fils, sans que personne ne soit venu les inquiéter ou les déranger. Véritablement en termes de participation dans l’économie du pays, elles rendent un grand service à la collectivité nationale, dans le domaine de la production de viandes rouges et blanches et en matière de production laitière. C’est le terroir qui n’est pas du tout évalué et qui nécessite une prise en charge effective sur le plan de la santé publique, de la scolarité de leurs enfants, de transport scolaire, d’infrastructures de base, d’électricité, d’éclairage public, de désenclavement et d’ouverture de pistes et de routes. Généralement il s’agit de pâté de quelques Haouch, réalisés le plus souvent en tôles, parpaings et tuiles, d’une manière aléatoire et sans plans architecturaux. Pour certains jeunes scouts, relevant des anciens SMA de la wilaya, c’est la première fois qu’ils mettent leurs pieds dans ces zones marginalisées et oubliées. Le plus important est que ces populations sont recensées et estimées dans le cadre du recensement effectué ces derniers temps. En deux jours consécutifs, le mouhafadh, les Kechefs, l’inspection des imams et les représentants des collectivités des dairas d’Ain El Arbaa, Hammam Bou Hadjar et une partie de celle d’El Malah ont distribué 15 000 bavettes et ont visité plus de 40 zones d’ombre, petits douars, fermes et zones éparses. Le gros lot des zones d’ombre se trouve dans les communes d’Oued Sebbah et de Tamzourah, dans la daira d’Ain El Arbaa. Fort heureusement, le collectif des anciens SMA avait pris ses dispositions et fait appelle à la junte féminine qui a joué un grand rôle de communication avec les femmes du monde du rif.