Bourhim Hocine

Le procès pour corruption et d’enrichissement illicite des ex P/APC d’Es-Senia, et de Bir El Djir, qui se déroulent au niveau de la cour pénal près le tribunal d’Ain El Turck, n’a pas fini de livrer tous ses secrets. En effet, des révélations éclatent au grand jour à chaque audience, des responsables dans plusieurs institutions publiques sont cités, dans celle qui serait selon les observateurs l’une des plus grande affaires de corruption qu’a connu la wilaya d’Oran. Lors de ce procès, les deux principaux mis en cause, ainsi que 25 témoins ont brillé par leur absence. Cet état des lieux n’a pas empêché le Procureur, de poursuivre la plaidoirie de la partie civile. L’ex maire d’Es Senia, aurait détourné une assiette foncière de plus de 8 hectares à Sidi El Khiar. Selon les investigations judicaires, les documents d’une assiette foncière d’une superficie de plus de 8.1 hectares dans la localité de Sidi El Khiar, signé par le maire d’Es-Senia, a été détournée, alors qu’elle était destinée par les pouvoirs publics pour la réalisation d’équipements publics (Ecole, crèches, et espaces vert). Cette parcelle a été reconvertie en lotissements pour la réalisation de logements, alors que cette opération n’entre pas dans le cadre du plan d’occupation du sol et que le seul organe habilité à donner ce genre d’autorisation et le guichet unique.

Mébarki et Kadouri….la complicité se précise

Le témoignage de M. M, le chef du service commercial au niveau de l’Agence Foncière, est venu confirmer les doutes de la justice sur le directeur de l’Agence, qui selon lui prenait des décisions d’une manière unilatérale, et que leur présence n’était que fictif. Concernant, l’affaire de Sidi El Khiar, cette assiette a été cédée par l’ex maire à la gestion de l’agence foncière qui a ensuite procédé à son morcellement en lots de terrain. Toutefois, la réglementation préconisant la vente aux enchères des lots de terrain, a été bafouée. Les actes de propriété de ces lots ont été distribués aux privilégiés à des prix très bas. Cette histoire abracadabrante, ne s’est pas achevée ici, puisque un troisième complice a été cité s’agissant, d’un ex sénateur « K.H».

« Découverte de documents administratifs, une arme à feu 2 jumelles militaires au domicile de l’ex maire d’Es-Senia »

Les accusations contre B. l’ex maire d’Es-Senia, se sont vu étendre, pour possession d’arme à feu sans autorisation, après que les services de la police judiciaire ont découvert dans son domicile lors de la perquisition, un fusil de chasse, deux jumelles militaires, ainsi que des documents administratifs. Le prévenu a nié les accusations de possession d’arme, prétextant que c’était uniquement de la décoration, toutefois il n’a pas pu nier les faits de dilapidation de deniers publics et abus de pouvoir et attribution d’indus privilèges. Le prévenu a alors fait des révélations que personne n’attendait. Il a impliqué l’ex chef de daïra d’Es-Senia, le secrétaire général de l’APC et le directeur de l’Agence foncière, précisant que c’est bel et bien lui qui a signé le document du foncier de Sidi El Khiar, mais avec le consentement des trois personnes, l’ex chef de daira, le directeur de l’agence foncière et le S.G de la commune, au cours d’une réunion au niveau du siège de la Daira.

« 4 ans de prison ferme assortis d’une amande de 100 millions de cts »

La défense du mis en cause a demandé l’acquittement de son mandant, puisqu’il n’a bénéficié d’aucun privilège, avant que le juge ne prononce la sentence de 4 ans de prison ferme, pour les chefs d’inculpation, de possession d’arme à feu sans autorisation, dilapidation de deniers publics et attribution d’indus privilèges qui ont causé la perte de milliards de D.A au trésor public. Notons l’absence de représentants de la wilaya et le trésor convoqués lors de cette audience. Dans son réquisitoire, le procureur de la République a requis l’application d’une peine de 05 ans de prison pour l’ex maire d’Es Senia.