Boualem. Belhadri

Ce jour dimanche 22 mars, il était 8h06mn quand la voiture s’est arrêtée, rue d’Oran, non loin du rond-point qui dessert la partie ouest d’Ain Temouchent. La ville semblait prendre une grâce matinée alors que c’était le début de la semaine.
De temps à autre passait un taxi ou un autre véhicule s’arrêtait pour faire descendre des employés, engourdis et quelque peu pensifs et craintifs. Mais hormis ce petit monde qui bougeait à cette heure-ci, l’observateur avéré ne peut pas manquer, un fait qui saute aux yeux et que même le citoyen Lambda, désintéressé par le passé, peut le constater à première vue. C’est quoi donc se demande la curiosité de tout un chacun voulant savoir. Nonobstant le froid qui caractérisait, cette matinée, un balayeur de rue, œuvrait de bout en bout, tantôt, il est à gauche, tantôt, il est à droite. Il ne regardait que son balai et les ordures à ramasser. Il avait un bac à ordure tracté qu’il déplaçait à mesure qu’il progressait tout le long de la rue. Pour mener une discussion on a été obligé de le saluer et de lui souhaiter bon courage et aide de dieu. Peut-on vous poser une question s’il vous plaît ? Bien sûr rétorqua-t-il. Pourquoi vous ne mettez-pas un masque de protection et des gants contre le coronavirus ? Il prend son souffle et dit : « tout d’abord ils nous changent le balai, regardez dans quel état il est ? » Vous n’avez pas reçu ces objets de protection ou bien vous les avez oubliés à la maison, avons formulé la question autrement. Haussant un peu le ton, il enchaîna : « je sais ce que je dis, je n’ai reçu de masque et de gants à ce jour où je vous parle. Cette question ne manque pas d’attentions de la part de ceux qui vont lire cet article. Ils vont certainement s’inquiéter et s’interroger aussi. Comment se fait-il que les balayeurs, la frange des travailleurs la plus fragile et la plus exposée, comme les éboueurs, à pouvoir contracter le coronavirus, n’a pas été dotée de masques et de gants de protection ? Nous laissons les premiers responsables concernés à nous livrer leur version.
Et puisque il existe des initiatives citoyennes prises par des associations qui œuvrent sur le terrain, cette question les préoccupe autant que nous à même de voir comment doter ces ouvriers et les éboueurs de ces petits équipements ô combien indispensables et utiles pour eux et pour leurs voisinages et leurs contacts quotidiens. La commission de crise de wilaya d’Ain Temouchent devrait intervenir dans ce cadre et au plus vite.