Boualem. Belhadri

A la tête du département ministériel depuis mars 2019, le nouveau ministre des Ressources en eau, Ali Hamam, qui a pris ses fonctions à la tête de ce département ministériel, en remplacement de M. Hocine Necib est arrivée à Ain Témouchent, jeudi dernier pour une visite d’inspection et de travail, d’une journée. « Enfant du secteur » comme il lui est sied de dire, de temps à autre, lors des rencontres, Ali Hamam, dans une récente déclaration, a rappelé, en substance, «les défis» complexes que connaît le secteur et qui sont tributaires des changements climatiques, à l’origine du stress hydrique et des inondations qui ont secoué plusieurs régions du pays durant la saison automnale 2019. Accompagnés de ses principaux collaborateurs et des directeurs centraux chargés des ressources en eau, de l’assainissement, de l’alimentation en eau potable, des ressources non conventionnelles, de l’irrigation et de drainage, de l’algérienne de l’eau, de l’office national de l’assainissement de l’agence de gestion intégrée des ressources et de la délégation de la wilaya d’Ain Témouchent conduite par la wali OuinezLabiba, le représentant du gouvernement avait un programme chargé.

Le seuil de la retenue inter saisonnière réduit au niveau mort non exploitable

A Ain Tolba, premier point de sa tournée, le ministre a visité la retenue inter saisonnière de Dzioua, d’une capacité de 13 millions de mètres cubes. Durant la période estivale, la quasi-totalité de la réserves (l’eau semi traitée arrive par pompage de la prise de Tafna) soit environ 10 millions de mètres cubes aurait été consommée par les deux gros abonnés à savoir les wilayas d’Oran et Ain Temouchent. Et selon des informations collectées, par bribes, le seuil de la cuvette est arrivé au niveau mort et des décisions ont été prises pour pompée de l’eau à partir de la prise Tafna qui recevait des quantités d’eau lâchées à partir du barrage de Hammam Bou Ghrara via le fleuve de Tafna. Il est à noter que infrastructures de Dzioua ne tournent pas à plein régime pour moult raisons que le gestionnaire SEOR peut évoquer lors de cette visite. Ces derniers jours des perturbations ont été signalées dans la distribution de l’eau potable.

Le barrage de Beni Bahdel n’alimente plus Oran et Ain Témouchent

Des citoyens de la commune de Hammam Bou Hadjar se sont regroupés devant le siège de la Daïra pour exprimer leur vive inquiétude. On apprend que le barrage de Beni Bahdel connait des problèmes et son niveau a atteint de telle sorte que la réserve restante ne pouvait pas être exploitée pour des risques de turbidité excessive et des suspicions de pollution ( ?) Il est rappelé que les localités d’Ain Temouchent qui étaient alimentées par Béni Bahdel ne le seront plus sur décision du ministère des ressources en eau qui a jugé utile de consacrer le barrage pour la wilaya de Tlemcen et affecter un volume de la station de dessalement de Tlemcen en utilisant la conduite de Beni Bahdel qui alimentait des localités de La wilaya d’Ain Temouchent. Cependant des rumeurs incessantes ont révélé la casse du grand aménagement reliant la station de dessalement de Tlemcen à la chambre de raccordement avec la conduite de Beni Bahdel. Les mêmes informations ont révélé que des travaux de réhabilitation du dit aménagement sont en cours. Le ministre a eu à prendre connaissance de la situation hydrique de la wilaya et les importants programmes réalisés depuis les trois décennies et qui ont permis d’améliorer les infrastructures de stockages, les réseaux d’eau potables, les grandes adductions. D’après une récente déclaration faite à la presse, M. Zidane Ali, en sa qualité de chef du service maintenance et exploitation auprès de l’ADE, un quatrième couloir (aménagement d’adduction d’eau) vient d’être mis en exploitation avec, en sus, la mise en exploitation de la technique de télégestion à partir de la retenue inter saisonnière Dzioua. Aussi la dotation journalière d’eau potable de la wilaya d’Ain Temouchent, qui est alimentée par la station de dessalement de l’eau de mer de Chatt El Hilal (produit 200 000 m3/jour) est de 130 000 à 140 000 m3/jour. Ainsi la télégestion aurait révolutionné, en quelque sorte, la gestion et l’exploitation grâce ce nouveau système de télégestion introduit au 4e couloir.

La télégestion, l’outil qui a révolutionné la gestion et l’exploitation des ouvrages et des conduites

Donc tout se fait à distance et d’une façon automatique depuis la retenue inter saisonnière Dzioua jusqu’à la localité d’El-Malah en passant par Sidi Ben Adda et Chaabet El-Lehem. La bataille de l’eau, dans la wilaya d’Ain Temouchent, n’est pas gagné d’avance et le stress hydrique, qui était dans les rapports des responsables avec de larges autonomies jusqu’à des horizons décennaux non atteints pour l’heure, reprend goût à la discussion entre les premier et second collège qui avaient des interprétations divergentes, souvent pouvant induire les statistiques et le plan à l’échelle national, régional et local. D’ailleurs lors de son investiture Ali Hamam a eu ce sentiment et le stress était omniprésent dans ses déclarations notamment les changements climatiques qui ont ébranlé plusieurs pays dans le monde entier. Dans la prochaine contribution on va débattre le volet lié aux problèmes de l’épuration des eaux usées et la pollution du milieu marin dans la wilaya d’Ain Temouchent.