Boualem. Belhadri

Il y a environ une dizaine de jours, alors, mon ami et moi, attablés sur la terrasse d’un café, non loin de la gare routière d’Ain Témouchent, on a remarqué un papa accompagnant son petit-fils se diriger vers les toilettes à l’intérieur de l’établissement. Au début, le garçon de café a affiché un niet mais devant l’insistance et le besoin pressant du petit fils, l’employé avait autorisé à l’enfant l’accès aux toilettes.

L’urinoir étant fixé plus haut que sa taille,  l’enfant, pris par un malaise s’est soulagé par terre parce qu’il n’avait pas de WC. L’information est arrivée à la connaissance du fils de patron qui a traité l’enfant de toutes les tares et les qualificatifs existants dans le dialecte de chez nous. Toute la terrasse avait écouté la conversation qui s’est déroulée entre le papa et le gérant de l’établissement. C’est désolant, disait les uns, il ne s’agit qu’un enfant qui ne pouvait pas résister à cause d’une subite diarrhée qui l’a ébranlé, enchainent d’autres.

La présence de toilettes est-elle obligatoire dans les commerces ? Est-il obligatoire de mettre des toilettes à disposition de la clientèle ou des employés dans les commerces, cafés ou restaurants recevant du public ?

Quels sont les risques encourus en l’absence ? Selon la loi, « dans les établissements ouverts au public ou recevant du public (ERP) doivent être aménagés, en nombre suffisant et compte tenu de leur fréquentation, des lavabos, des cabinets d’aisances et des urinoirs ». On apprend par ailleurs que « dans les établissements de de cafés de restauration, doivent être prévues des toilettes comprenant des cabinets d’aisances et des lavabos à l’usage exclusif de la clientèle. Les cabinets d’aisances ne doivent pas communiquer directement avec la salle à manger ni avec les autres locaux renfermant des aliments (sas obligatoire). Toutefois, dans les établissements offrant moins de 50 places, les équipements sanitaires peuvent également servir à la clientèle.

Ces équipements doivent être situés de telle manière que la clientèle ne puisse pas pénétrer dans les locaux de préparation des aliments. » Par conséquent, si l’établissement de restauration offre moins de 50 places assises aux clients, «  les toilettes ou WC peuvent être communs au personnel et à la clientèle ». La discussion a failli ne pas bien tourner, les consommateurs étaient frustrés d’entendre de tels propos.

Et ce qui est sûr, à priori est que beaucoup devaient bien réfléchir la prochaine fois avant de décider d’y revenir. Le papa, un ancien fonctionnaire en retraite avait rappelé à l’adresse du gérant « que les toilettes sont obligatoires dans les établissements recevant du public (ERP). Et par conséquent l’enfant n’a pas tort et il devait trouver des WC en bonne et due forme. » Lui enchainant, son vis-à-vis disait « que j’ai installé un WC depuis peu et il a été endommagé par les clients ».

Est-ce une réponse qu’on devait entendre ? Bien sûr que non. A ce niveau on invite la commission habilitée et en droit de constater les infractions dans le domaine de l’environnement et l’hygiène publique à même de verbaliser tous les établissements classés qui ne se sont pas conformés à la réglementation. Les autorités de la wilaya sont informées et l’on sûr qu’elles vont mettre les moyens nécessaires pour effectuer des contrôles.