Zitouni Mustapha 

Les éboueurs de la ville d’Oran vivent une très forte pénibilité dans leur travail de tous les jours, certes c’est leur métier, mais avons-nous le droit de les soumettre à cette saleté répugnante qui dépasse la norme autorisée ? Non ce n’est plus du travail mais du pur esclavagisme et cela ne semble déranger personne, ni la société et encore moins les locataires de l’Hôtel de Ville qui n’ont jamais pris l’initiative d’un plan de propreté de grande ampleur, par incompétence ou par manque d’initiative. Médecins, inspection de travail, sociologues et bien d‘autres spécialistes sont passifs devant cette situation de pénibilité imposée aux éboueurs de la commune d’Oran et personne pour les défendre et exiger des droits de dignité aux agents de nettoiement de la ville ?A force de vivre dans ce cadre sale de la ville,       les habitants d’Oran, comme tous les responsables qui ont la charge des affaires de la ville, on fini par s’y habituer. Car il faut le reconnaître et les étrangers qui arrivent pour la première fois à Oran, nous le rappelle : «la ville d’Oran est une belle, mais elle est trop sale.»La réalité est bien là, poubelles et ordures ménagères encombrent  les entrées d’immeubles, les écoles, les maisons et toutes les artères de la ville. Même les édifices publics ne sont pas épargnés. Des sachets en plastique font partie intégrante du décor urbain, les mégots, papiers et emballages et les débris de verre jonchent l’espace public, la responsabilité est générale et la ville d’Oran, ne peut continuer sur cette gestion aveugle et archaïque qui se limite à gérer maladroitement quelques camions de collecte, alors que la gestion de la propreté d’une ville est tout autre.

Il faut dire que depuis plus d’une vingtaine d’années, la ville est livrée à elle-même, en proie à une dégradation tous azimuts. Aujourd’hui, Oran offre un visage des plus insalubres, qui fait honte à ses habitants, épuisés de cette situation et du manque d’hygiène dans leurs quartiers. Les sacs éventrés jonchent le sol et les odeurs nauséabondes sont à longueur de journée dégagées par ces dépotoirs éparpillés un peu partout.Si l’APC d’Oran dans son sommeil profond, a toute sa part de responsabilité cependant, il faut souligner que le manque de civisme des habitants de toutes les couches et catégories sociales sans exception aucune, a aussi sa part dans l’état insalubre dans lequel se trouve la plus importante ville du pays à la veille d’un évènement sportif international qui attend d‘accueillir plus de 23 pays du bassin méditerranéen, tous connus pour leur vocation touristique et leur savoir-faire en la matière. Des invités qui auront à apporter une note à la ville d’Oran et il est temps de réfléchir avec objectivité et réalisme, afin de présenter la plus meilleure des cartes postales de notre ville, si l’on aspire à faire d’Oran une destination touristique digne de ce nom.  A ce propos, toutes les personnes que nous avons interrogées, estiment que la propreté de la ville est une priorité majeure mais beaucoup estiment aussi que la gestion de la propreté de la ville n’est pas à la hauteur des exigences réelles du terrain et pourtant, des solutions pratiques sont à portée de main, il suffit d’abord d’avoir la volonté réelle pour les appliquer.   L’appel du wali d’Oran au lendemain de son installation pour organiser, chaque samedi, des campagnes de collecte d’ordures collectives, avec la participation de tout le monde, élus locaux, exécutif, radio locale et citoyens, à certes marché un samedi ou deux, puis ces parties se sont toutes désistées, la ville semble malheureusement se complaire dans l’insalubrité.