Zitouni Mustapha 

Nulle part ailleurs dans le monde, on ne ferme les portes d’accès à une université pour cause de grève, ce phénomène récurent vient une nouvelle fois confirmer tout le mal être qui frappe nos universités. Ce lundi matin, le mouvement de grève qui perdure depuis plusieurs semaines à l’université «Ahmed Benahmed » Oran 2 de Belgaid, a paralysé plusieurs Facultés, celle des Langues Etrangères, des Sciences Commerciales et bien d’autres encore.

Pire encore, durant la journée du jeudi, des enseignants et des étudiants ont été pris en otage, laissant l’ensemble de la communauté universitaire médusé face à ce qui se déroulait dans un des amphis de l’université « Ahmed Benahmed»  d’Oran II.

Selon de nombreux étudiants et enseignants, ce sont des associations estudiantines qui se sont spécialisées dans ce genre de mouvement  de protestation spontanée mais soigneusement préparé, selon un calendrier précis, examens, affichages de notes et bien d’autres calendriers, mettant en otage administration, profs et étudiants.

Selon des étudiants de l’université « Ahmed Benahmed » de Belgaid, des membres d’associations d’étudiants sont devenus incontournables entre étudiants et profs, pour une révision de notes.

Une situation pas du tout nouvelle bien au contraire et qui perdure depuis la rentrée universitaire, sans qu’aucune intervention de la tutelle, pour mettre fin à la dérive de l’université d’Oran, dont personne ne semble responsable.

Des enseignants écœurés par une telle situation, parlent «d’associations estudiantines fantoches,» pour reprendre leur qualificatif.

Hier matin, nous avons tenté de comprendre les réelles motivations et revendication des grévistes, après une heure, nous nous sommes  aperçu, nul ne sait qui a poussé à ce mouvement de grève et encore moins de quoi il retourne et que revendique-t-on.

Le jeudi dernier, le même mouvement de grève s’était produit au niveau de la nouvelle Faculté des Langues Etrangères de l’université d’Oran 2 « Mohamed Ben Ahmed » de Belgaïd, cette fois- ci, c’étaient les étudiants affiliés à l’Union Nationale des Etudiants Algériens (UNEA) qui était derrière le mouvement, ils dénonçaient «une mauvaise gestion, l’insécurité à l’intérieur de l’université, l’absence de chauffage et d’autres revendications qui semblaient légitimes pour cette partie d’étudiants encadrés par l’association en question.  La surprise était de taille pour d’autres étudiants qui venaient en début de matinée, pour passer des examens semestriels, ces derniers ont trouvé la porte d’accès à l’université fermée.

Renseignement pris, suite à un affolement légitime puisque ces étudiants venaient pour leur examen, ils sauront par la suite, que l’organisation estudiantine a décidé la veille de recourir à cette action de contestation, pour appuyer ses revendications, qui tournent notamment autour de l’amélioration des conditions de scolarité, le renforcement des départements en personnel administratif, la concertation avec les délégués des étudiants et les partenaires sociaux dans la prise de décisions et la remise de diplômes de fin d’études.

L’organisation estudiantine a dans un communiqué, rendu public le dimanche 11 février, révélé que plusieurs réunions ont eu lieu avec les responsables de cette université, pour «trouver des solutions urgentes et concrètes à la dégradation des conditions de scolarité dans cette nouvelle Faculté, mais à part des promesses non tenues, rien n’a été fait pour améliorer la situation.»

Pour rappel, la nouvelle Faculté des Langues Etrangères avait été inaugurée durant cette année universitaire 2017/2018.