Zitouni Mustapha 

A tort ou à raison, toutes les universités du pays connaissent depuis le début de l’année des débrayages cycliques, des grèves et des arrêts de cours, allant jusqu’à l’extrême des  moyens qui est, la grève de faim, un fait assez récurrent qui, pour une note, pour un affichage, ou pour un simple malentendu entre un prof et son étudiant, on a recours à ce genre de protestation.

Un fait qui dure depuis des années et qui n’existe que dans nos universités, car à travers tous les campus universitaires du monde, jamais des étudiants n’ont fermé l’accès à l’université, de surcroit avec un cadenas.

Depuis plus de 10 jours déjà, l’université Oran 2 à Belgaid, se trouve dans une situation d’anarchie totale, une grève des étudiants paralyse en effet, plusieurs départements.

Entre profs et étudiants rien ne va plus, mais cela ne s’arrête pas là, uniquement, car la situation prévaut aussi entre profs et administration mais aussi et encore, entre étudiants et administration.

Comment nos universités sont-elles arrivées à cette désastreuse situation qui dure depuis des années et qui revient à chaque mois ? Jamais, un débat sur le sujet n’a été réellement posé et pourtant, arriver à fermer une université avec un cadenas et refuser l’accès aux étudiants qui ne demandent qu’à rejoindre leurs cours, ne relève plus d’un simple fait de grogne d’étudiants lésés, mais cela reste un acte des plus transgressifs des lois de la Républiques, mais face à cela, comment se comporte l’administration de l’université, les rumeurs persistantes font état de faits très graves, mais tout le monde semble y trouver son compte et l’on s’étonne que nos universités ne soient pas classées à l’échelle continentale, car à l’échelle mondiale, les méthodes sont toutes autres, contrairement  à nos universités qui donnent l’image de «petites écoles» devant les autres universités.

Que se passe-t-il à l’université Oran 2 de Belgaid ?

Des Départements de Sciences Commerciales, de Comptabilité et aussi d’Anglais qui étaient mobilisés hier, devant le siège du rectorat de l’université Oran 2 à Belgaid, en signe de protestation contre les résultats de sélection. Ces étudiants orientés, selon leurs déclarations, vers des filières qui ne répondent pas à leurs spécialités et à leur choix, menacent de faire une grève de la faim, afin de faire entendre leur voix. Les inscriptions au Master, via la plate-forme «Progress» continue de faire polémique et dévoiler les défaillances du système numérique mis en place dans le seul but de faciliter le travail à l’administration. Après la grogne nationale des candidats recalés au Master, bien que répondant aux conditions en termes de choix de la spécialité et la moyenne, le mécontentement est toujours d’actualité au niveau des 03 Départements sus cités.

Les étudiants rencontrés sur place ont exprimé leur désarroi de voir, diront-ils : «des orientations vers des spécialités attribuées à des étudiants qui ne répondent pas aux conditions requises.»

Soupçons de fraudes selon les uns et les autres 

Ces derniers ont tenu à dénoncer aussi les pratiques de fraudes enregistrées, soulignant que : «des étudiants ont fraudé sur les notes pour être acceptés en Master et l’administration a été incapable de faire une vérification de la véracité des données via la plate-forme. Les contestataires attendent maintenant la décision du Rectorat pour la prise en charge de leurs doléances, avant de passer à une vitesse supérieure. Un dossier polémique, dont a hérité le nouveau Rectorat, mais qui semble créer un véritable malaise au sein du campus.

Le constat n’est pas spécifique aux seules universités d’Oran, même si l’université de l’USTO « Mohamed Boudiaf», on ressent un net sérieux par rapport à l’université de Belgaid  qui a connu d’énormes problèmes de gestion depuis son ouverture et qui a laissé l’anarchie prendre le dessus.

La débâcle des manifestations et mouvements de grève d’étudiants de 1re année de Master ont eu lieu dans plusieurs campus, après le rejet inexpliqué de leurs candidatures, bien qu’elles répondent aux critères requis.

A Boumerdès, l’accès à l’université a été bloqué par les manifestants, même scènes à Bouira, à Constantine et Batna et seule l’université de Tizi-Ouzou, semble avoir trouvé la parade, elle a accordé la réussite pour tous les étudiants, un fait qui n’est pas passé inaperçu sur les réseaux sociaux, qui pour certains, parlent d’une solution extra-universitaire, mais là, est un autre problème.

Pour le coordinateur national du Conseil National des Enseignants du Supérieur (CNES), Abdelhafid Milat, cette vague de protestations risque de s’étendre à tous les autres établissements universitaires. Le coordinateur national, s’offusque et pointe du doigt le ministère de l’Enseignement Supérieur.