Zitouni Mustapha

La ville d’Arzew avait été secouée au courant de la mi-septembre, par un terrible drame, un policier qui était en procédure de divorce, a tué par balles son beau-père et sa belle-sœur, avant de se donner la mort. Ce dernier avait utilisé son arme de service  et tiré à bout portant sur son beau-père et sa belle-sœur qui venaient d’arriver en voiture à leur domicile et qui se trouvaient encore à bord du véhicule. Tous les médias en avaient fait la une de leur journée, non sans mettre bien en avant la fonction de «policier» de l’auteur de ce drame.

A Constantine, à la cité Boussouf, des passants découvrent 02 corps, celui d’un homme et d’une femme, baignant dans une mare de sang, à l’intérieur d’un véhicule de marque Polo.

Selon les éléments de l’enquête, l’homme, un policier,  a tiré 05 balles sur sa compagne, dont une en pleine tête, avant de se tirer une balle dans la tête avec sa propre arme de service. 

A Annaba, un autre drame est signalé, l’assassinat perpétré sur la personne de M.S., âgée de 31 ans, enseignante de son état, par son mari K.D., âgé de 31 ans, policier, exerçant à la Sûreté de Tizi-Ouzou.  Les faits du drame selon les éléments de la Sûreté d’Annaba, seraient dus au refus de la séparation, puisqu’au moment du drame, les deux époux étaient en instance de divorce.

Il perd son sang-froid, tire son arme à feu, un PA 9mm, et lui tire deux balles à bout portant. Un 1er coup au niveau du thorax, le 2e au niveau du cou qui sera fatal à la victime qui décède sur le coup.

Bien d’autres cas et drames similaires sont enregistrés assez régulièrement, des drames mettant en cause, des fonctionnaires de police, utilisant leur arme de service pour commettre l’irréparable. Et au-delà des causes qui ont mené à ces drames, il nous a paru nécessaire de s’interroger sur l’état mental de nos fonctionnaires de police et l’aptitude pour certains d’entre eux à exercer un tel métier, le profil retenu obéit-il réellement aux critères de recrutement ou c’est seulement le côté socio-économique, qui fait que la DGSN, participe à la création de postes d’emploi, en omettant quelque part, les aptitudes qui ne permettent pas à qui veut, d’être policier.

Dans le cadre de nos investigations, nous avons interrogés des psychologues au sein et en dehors du corps de la Sûreté Nationale.

L’un d’entre eux nous dira : «ces policiers, devaient présenter des signes de surmenages, de dépression ou d’un quelconque trouble du comportement dus aux conflits qu’ils subissaient dans leur quotidien familial. Le corps de police est doté de psychologues et de psychiatres, c’est leur travail en permanence de constater ces cas de détresse.»

Nous n’avons pu obtenir, les statistiques des cas de stress et dépression au sein du corps de police, mais un autre psychologue au sein d’un centre de santé dédié au corps de police, nous fera savoir : « nos policiers, vivent un stress permanent, contrairement à d’autres métiers, et ils sont sujets à des conflits et des problèmes comme tout le monde. Mis à part les cas extrêmes constatés ; nous faisons des visites régulières au sein des Sûretés et nous signalons, dans nos rapports, les cas à suivre de près.»

Un autre psychologue, nous fera part d’un autre fait qui touche le volet recrutement, il dira : «est-ce que vous pensez que tous les recrutés ont réellement le profil pour être policier ? » Et de d’ajouter : «ce qui est certain, c’est qu’il faut retenir que nos policier à divers échelons vivent un stress et une pression permanents.»

Les troubles anxieux touchent 70% de la population  algérienne et le corps sécuritaires en font partie intégrante. C’est le constat que dresse Amel Ben Dhaou, psychiatre qui explique que cette situation est la conséquence de traumatismes liés au terrorisme, aux séismes, aux inondations, à la crise économique, aux problèmes sociaux et au stress dû aux conditions de travail avec un épuisement professionnel ou de «burn-out». 

Être exposé pendant longtemps à des conditions stressantes de travail est dangereux pour la santé. L’épuisement professionnel survient souvent chez les personnes qui se sont énormément investies dans leur activité professionnelle, jusqu’à créer une charge trop lourde à supporter, d’un point de vue affectif, expliquent les psychiatres.