Zitouni Mustapha

A Oran, comme à travers le territoire national, l’Agence Nationale de l’Emploi (ANEM), reste un acteur- clé dans le monde de l’emploi, un monde fait de chiffres, pour pouvoir évaluer les placements des demandeurs et améliorer la gestion, suivant un système d’information, permettant de renseigner de manière précise, régulière et fiable sur les fluctuations du marché de l’emploi et de la main d’œuvre. Dans ce cadre, pour cette période précise, l’ANEM d’Oran fait état de 16.000 placements de demandeurs d’emploi depuis le début de cette année en cours. Ils seraient près de 59.000 demandeurs recensés, alors que pour l’heure, l’offre est de 21.000 postes d’emploi proposés. Des chiffres avancés par des sources responsables de l’Agence locale pour l’Emploi. Toutefois, ces chiffres ne peuvent avoir un sens et une réelle visibilité que si l’on connaît précisément le taux de chômage relatif à la commune, ou la wilaya d’Oran, un indice manquant que l’ONS, l’Office National des Statistiques, ne communique qu’à l’échelle nationale et pourtant, cet indice reste plus qu’indispensable à l’échelle locale. De nombreux acteurs économiques gravitent autour de l’Agence Nationale de l’Emploi (ANEM), qui a pour rôle principal d’assurer l’accueil, l’information, l’orientation et le placement des demandeurs d’emploi, ce sont les organismes employeurs, publics ou privés et à ce titre, les opérateurs économiques privés restent beaucoup plus actifs dans l’absorption des demandes d’emploi que le secteurs public, dont la machine administrative reste quelque peu plus lourde en matière d’absorption du chômage que le secteur privé. Pour les collectivités locales, le constat est clair qu’elles trouvent quelques difficultés à jouer leur rôle de pourvoyeurs d’emploi, par saturation peut-être, ou tout simplement, par manque d’initiatives. Il faut le reconnaitre, de nombreux dispositifs sont mis en place, pour la promotion de l’emploi, comme le dispositif d’aide à l’insertion professionnelle, (DAIP), un dispositif qui vise à favoriser l’insertion professionnelle des jeunes primo-demandeurs d’emploi, a encourager toutes autres formes d’actions et de mesures, tendant à promouvoir l’emploi des jeunes, à travers notamment des programmes de formation-emploi et de recrutement. Il faut savoir que ce dispositif est destiné à 03 catégories de primo-demandeurs d’emploi : les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur et les techniciens supérieurs issus des établissements nationaux de formation professionnelle, les jeunes sortant de l’enseignement secondaire de l’Education Nationale, des centres de formation professionnelle, ou ayant suivi un stage d’apprentissage et en 3ème catégorie, les jeunes sans formation, ni qualification. Contrats à durée déterminée (CDD), une pratique qui précarise l’emploi Par ailleurs, la réalité de la précarité de l’emploi qu’offre le marché du travail est bien là, malgré la norme nationale exigée, par la loi N°90-11 du 21 avril 1990 relative aux relations de travail, est pour la permanisation de l’employé par un contrat à durée indéterminée (CDI) sans pour autant interdire le recours au contrat à durée déterminée (CDD), mais dans des cas assez précis, mais cette norme a souvent été déviée pour faire du CDI un privilège accordé par l’employeur et non un droit à tout employé, dont la nature du travail l’exige. A Oran et au sein même des délégations urbaines, il se trouve que des fonctionnaires ont été recrutés depuis plus de 20 ans, mais n’ont jamais eu un CDI. Certains ayant été recrutés dans le cadre du filet social, se retrouvent après 12 ans, voire plus, sans permanisation, ni contrat fixe. La généralisation du CDD est considérée par un nombre d’employeurs comme une carte de pression sur le salarié, afin qu’il travaille avec la peur d’être viré à tout moment avec en parallèle, une législation du travail méconnue et trop souvent contournée. Du coté des bureaux de l’Inspection du Travail, tous les jours de salariés mécontents se présentent, alors que des milliers de travailleurs, de peur de se retrouver au chômage, préfèrent se taire et acceptent la précarité.