Une famille composée de quatre membres, dont deux enfants est restée sans abri, à la belle étoile, durant deux semaines, après avoir été expulsée d’un local miteux, situé au niveau de la cité des 270 logements à Chetouane.
Le père de famille, Ghannou Lakhdar, âgé de 47ans, portefaix de son état, ne pouvait payer le loyer mensuel (un million de centimes) au propriétaire du garage, par agent immobilier interposé.
Dans un élan de solidarité, et à cause des aléas météorologiques, les jeunes de la cité lui ont trouvé un local à titre provisoire, où il a casé sa famille. Le local qui est fermé depuis 10 ans, est dans un état «sauvage».
Il est dépourvu d’aération et de sanitaires ; une forte odeur de moisi se dégage de l’intérieur. La mère s’approvisionne en eau auprès de sa voisine, une vieille femme vivant seule dans un garage mitoyen, laquelle a bien voulu dépanner ses nouveaux voisins infortunés en électricité.
Quant aux toilettes, la famille recourt au centre culturel communal, situé en face du bloc. Un drap usagé cache ce qui reste de l’intimité de ses membres. En guise de «sécurité», une porte métallique grinçante à deux vantaux rouillés.
Le ruissellement de gouttes d’humidité sur les murs qui «pleurent» nargue les larmes de ce pauvre manœuvre.
Comme un malheur n’arrive jamais seul, des voisins zélés, pour ne pas dire délateurs, auraient signalé au propriétaire, la présence «illicite» de cette famille sur les lieux.
Sans état d’âme, et après avoir refusé de négocier, le propriétaire a sommé les occupants de vider les lieux, avant de déposer plainte auprès de la Sûreté de daïra de Chetouane pour occupation illégale d’une dépendance (par effraction), selon le chef de famille.
Des agents de police se sont présentés chez lui pour le mettre en demeure d’évacuer le local dans un délai de 03 jours.
Ce père de famille, qui se retrouve SDF de fait, aurait déposé en 2005 une demande de logement social (enregistré sous le N°70) auprès des services de la daïra de Chetouane mais sans suite, à l’en croire. Il a un fils (10ans) qui est scolarisé dans le primaire et une fille (14ans) qui fréquente le collège. Ses deux enfants n’ont pas encore rejoint les bancs de l’école à cause de cette situation sociale instable.
Prenant son mal en patience, cette famille est prise entre le marteau d’une deuxième expulsion et l’enclume de condition de «sinistrée», exposée aux intempéries. Aussi, et dans une optique humanitaire, le recasement de ses membres par les services de la DAS ou l’APC est plus qu’urgent, en attendant l’attribution éventuelle d’un logement social.

Allal Bekkaï