Les habitants de la commune de Sidi Benyebka, dépendant de la daïra d’Arzew, sont continuellement confrontés aux aléas d’un transport public anarchique et désordonné qui les pénalise quotidiennement, lorsqu’ils désirent se déplacer hors du chef-lieu de la municipalité.
En effet, les trois véhicules de transport urbain de type Karsan, agréés par la Direction du Transport présentent du fait de leur vétusté un réel danger pour les passagers, voulant se rendre vers la localité voisine El Mohgoun, ou inversement. Ces « épaves roulantes » démunies de toutes les mesures de sécurité et de confort pour les passagers, nécessaires et obligatoires à tout moyen de transport public qui se respecte, font, chaque jour, plusieurs navettes pour desservir, dans des conditions périlleuses, cette ligne entre les deux ensembles urbains. Les conséquences du manque de l’entretien et du mauvais état de ces véhicules devaient tôt ou tard survenir à un accident, et c’est ce qui est arrivé dernièrement, lorsqu’un Karson, transportant pour la plus part des étudiants et des travailleurs, a percuté de plein fouet un arbre centenaire, occasionnant des blessures à trois passagers qui ont été évacués à l’hôpital Nekkache d’El Mohgoun. Heureusement leurs blessures n’étaient pas aussi graves pour qu’ils soient gardés en observation.
Certains habitants, dépités par ces conditions déplorables ont fait part de cette situation qui perdure depuis de longues années, au grand dam des citoyens, qui n’ont aucune autre alternative pour se rendre à leurs lieux de travail, ou leurs établissements scolaires, surtout que la commune est située en retrait de la route nationale N 11 ce qui contraint les administrés à rallier la localité d’El Mohgoun, la plus proche, se trouvant sur la RN 11 desservant la ligne Arzew-Gdyel-Oran.
Sollicité sur ce sujet désobligeant, un élu soulignera que le contrôle de l’état de ces moyens de transport revient strictement aux services de la Direction du Transport qui leur a délivré les agréments pour activer. En dernier lieu, un transporteur de cette ligne a tenu à préciser que son véhicule, qui est son gagne-pain, est entretenu régulièrement et que c’est rare qu’il tombe en panne. Il a conclu par assener : «le seul problème qu’on subit quotidiennement est la concurrence déloyale des nombreux clandestins.»
Effectivement, de visu nous avons constaté que les trottoirs du carrefour menant vers la commune de Sidi Benyebka ou vers les divers camps de Sonatrach étaient occupés par de nombreux « clandestins» qui pallient à cette insuffisance de transport public, surtout aux heures de pointe ou le soir. Certains habitants, devant ce manque de navettes régulières, considèrent la présence de ce mode de transport comme une bénédiction, alors que d’autres, surtout les trois transporteurs agréés, comme une concurrence déloyale. Ainsi, le transport au niveau de la wilaya d’Oran demeure toujours et encore dans tous ses états et reste en perpétuel déclin.
Même les petites communes n’arrivent pas à échapper à ce désordre et à cette anarchie, car cela est dû essentiellement au manque de contrôle draconien assorti de mesures coercitives très rigoureuses.