Une prise en charge défaillante à Oran

Une journée de sensibilisation sur l’autisme organisée aujourd’hui

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Le psychologue M. Dermèche Samir, activant à la Cellule d’écoute du Centre Hospitalo-universitaire d’Oran (EHU) a qualifié hier, la prise en charge des autistes à Oran de «défaillante» a la veille de la tenue d’une journée de sensibilisation sur l’autisme aujourd’hui à la Maison de Jeunes de Hassi Meffsoukh. Notre interlocuteur est revenu sur les difficultés rencontrées par les autistes et leurs parents, souffrant le martyre pour payer selon lui une prise en charge qui demande des sommes d’argent importante mensuellement : «une prise en charge non professionnelle qui se fait des fois dans des conditions difficiles, » nous dira- t-il. Le psychologue clinicien a signalé le nombre réduit des centres étatiques de prise en charge des autistes, ne pouvant pas répondre aux demandes de tous les autistes. « Les listes d’attente sont importantes à travers ces centres, il ya plusieurs autistes inscrits qui attendent d’être pris en charge, » précise-t-il.
La rencontre d’aujourd’hui, selon notre interlocuteur sera un espace de débat avec les parents des autistes, pour répondre à leurs questions et voir de près les problèmes qui entravent la prise en charge de ces malades atteints de ce trouble. M. Dermèche s’est montré également ambitieux pour l’avenir, avec un projet qui sera un brin d’espoir pour les autistes. Ce dernier vise à la création des ateliers pédagogiques pour les autistes au niveau des Maisons de Jeunes à travers la Capitale de l’Ouest.
Ce projet une fois réalisé sera un atout important pour booster la prise en charge des autistes à Oran.
Dans le même cadre, notre interlocuteur a salué le directeur de la Maison de Jeunes de Hassi Meffsoukh qui il lui a offert toutes les facilitations pour organiser aujourd’hui cette rencontre.
Pour rappel, L’autisme ou plus généralement les troubles du spectre de l’autisme (TSA), est un trouble du développement humain caractérisé par des difficultés de l’apprentissage social et de la communication, avec des comportements stéréotypés et persévérants. Ces symptômes sont souvent détectés par les parents durant les premières années de vie de l’enfant. En fonction de la présence ou non de troubles associés et de l’origine prototypique ou secondaire, les personnes autistes peuvent maîtriser ou non le langage, avoir des retards ou des précocités scolaires, une déficience intellectuelle ou une intelligence supérieure à la moyenne, et plus rarement manifester du «savantisme ».
La compréhension de l’autisme a grandement évolué, d’une pathologie jadis considérée comme unique, rare et sévère, vers un regroupement de différents troubles aux symptômes communs, les troubles du spectre de l’autisme, précédemment nommés troubles envahissants du développement. Ces troubles pourraient avoir des causes diverses, provoquant les mêmes types de comportement clinique chez les individus concernés. Leurs origines comprennent une part génétique complexe, impliquant plusieurs gènes, et des influences environnementales encore mal comprises. La notion de spectre de l’autisme reflète également la diversité des phénotypes qui sont observés. Cette diversité suggère que les troubles du spectre de l’autisme ne sont que l’extrémité pathologique d’un spectre de conditions normalement présentes dans la population générale. L’autisme pourrait provenir d’un développement différent du cerveau, notamment lors de la formation des réseaux neuronaux et au niveau du fonctionnement des synapses. Les recherches se poursuivent dans différents domaines, neurophysiologie, psychologie cognitive, ou encore épigénétique. Ces études visent à mieux cerner les différentes causes biologiques, permettre une meilleure classification, et ainsi concevoir des interventions adaptées, par progression vers une médecine personnalisée.
Des centaines de mutations génétiques différentes semblent affecter principalement la neurologie du cerveau, le métabolisme et le système immunitaire, ainsi que la présence d’anomalies dans la flore intestinale. Les garçons sont plus souvent diagnostiqués que les filles.