Ingratitude, manque de considération et marginalisation, est-ce cela le retour que nous devons à nos retraités ? Ceux-là même, qui ont travaillé durant toute une vie, pour aspirer un jour à une bonne et paisible retraite, qui au-delà, des calculs financiers comprend aussi, de la reconnaissance de toute la société et la nation pour le devoir accompli.
Actifs durant leur vie professionnelle, le passage à la retraite est l’un des plus grands changements et bouleversements de la vie ; il implique une réorganisation de vie mais aussi, une réorganisation mentale, c’est à dire un changement dans sa façon de penser, de concevoir la vie et l’avenir, nos retraités, sont-ils accompagnés pour les préparer à passer ce cap que de nombreux psychologues qualifient de difficile ?
Si certains de nos retraités arrivent à trouver un travail par habitude pour l’occupation, ou pour améliorer un pouvoir d’achat déjà érodé, notamment pour ceux qui perçoivent une faible pension de retraite, d’autres par contre, se retrouvent du jour au lendemain, c’est-à-dire après avoir fini les procédures administratives pour accéder au statut de retraités, abandonnés à eux-mêmes, sans accompagnement psychologique, ni orientation spécifique.
Quelques-uns de nos retraités à Oran qui suivent de très près l’actualité nous en parlent, parfois amèrement, d’autres par contre avec sagesse et une grande foi, se soumettent à Dieu.
Ammi Mohamed, dira pour sa part : «je touche moins de 8.800 dinars, car je n’ai pu faire valider que quelques années de travail auprès de la CNR, puisque mes anciens employeurs n’avaient pas déclaré à la CNAS le nombre réel de mes années de service. Cette pension est dérisoire et je suis contraint de travailler dans une café pour percevoir 12.000 dinars supplémentaires, en accomplissant 08 heures par jour.»
Un ancien fonctionnaire de l’APC, perçoit 24.500 dinars, alors qu’une ancienne femme de ménage dans une institution publique, touche elle, 23.000 dinars. En revanche, d’anciens cadres moyens et fonctionnaires touchent plus de 50.000 dinars par mois et il est assez difficile de relever cette disparité qui pénalise ceux qui occupaient des postes subalternes et pénibles en l’occurrence des manœuvres, artisans, gardiens, et autres.
Auprès des retraités que nous avons approchés au centre-ville d’Oran, une bonne partie, perçoit une maigre pension de retraite, et chacun tente au mieux de partager ses revenus mensuels selon ses propres charges familiales et tentent de ne pas trop penser aux difficultés de la vie, et pour cela, nos retraités ont trouvé la bonne thérapie, se retrouver chaque matin après les courses quotidiennes, avec leurs congénères pour passer le temps, refaire l’actualité des journaux, ou simplement passer un bon moment entre amis.
Une chose est sûre, la manière de concevoir la retraite a bien évolué au cours des années, du moins dans d’autres pays, pour nous, la réflexion est tout autre et peu de sociologues et psychologues ont tenté d’approfondir leurs travaux et les rendre pratiques pour cette frange de la société qui a trimé toute sa vie et qui au final, aura mérité une reconnaissance de la société et de la nation qui malheureusement ne semble pas être à la hauteur des attentes de nos aînés.
Par ailleurs, du côté des politiques, le souci premier du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité Sociale, il explique que pour cette année 2018, il y aura 05% de revalorisation pour les pensions de moins de 20.000 DA, 2,5% pour les pensions de 20.000 à 40.000 DA, 1,5% pour les pensions de 40.000 à 60.000 DA, l’enveloppe financière de cette revalorisation est de l’ordre de 22 milliards DA, une décision prise selon le ministre dans le but de conforter le pouvoir d’achat des retraités. Mais la préoccupation de nos autorités est aussi ailleurs. Et pour cause. Les déclarations inquiétantes avaient fait état de difficultés de la Caisse Nationale de Retraites à assurer la pension de nos retraités, mais de quoi seraient donc coupables nos retraités, ont-ils besoins de connaître quel est le taux à prélever des taxes du pétrole pour qu’au 22 du mois, ils puissent percevoir et c’est un acquis social précieux, leur retraite sans se soucier du comment et du pourquoi.