Jalil M.

En 2019, après la victoire du Hirak sur les plans de l’ancien système qui voulait effectuer un passage en force vers un 5e mandat de l’ex-président Bouteflika, des procès marathoniens des anciens oligarques et autres figures politiques corrompues des 20 dernières années sont ouverts, beaucoup d’Oranais se sont, alors, posé la question sur le sort de la mafia qui régnait en maître dans leur wilaya. Des mois après ces hommes d’affaires et ces élus n’ont pas été inquiétés mis à part les responsables de l’exécutif mêlés à l’affaire Hamel ainsi que le scandale du directeur de l’agence foncière. En réalité, pendant les deux dernières années, les enquêtes préliminaires étaient en cours, concernant notamment des parlementaires représentant la wilaya d’Oran qui jouissent de la fameuse immunité. Selon des sources judiciaires, les affaires de corruption impliquant des députés et des élus locaux dont des P/APC seront traitées dès la semaine prochaine par la justice, qui vient d’éplucher des dossiers relatifs à des détournements d’argent, de foncier et abus de pouvoir, le tout dans le but de s’enrichir illicitement au détriment des lois en vigueur.
Les mêmes sources indiquent que pas moins de 8 députés sont impliqués dans ces affaires qui en appelleront d’autres. Selon un avocat à la Cour d’Oran : « Ces parlementaires présumés coupables, sont pratiquement tous connus pour le grand public, ils sont devenus célèbres par leurs affaires douteuses et leurs liens tissés avec les anciens décideurs du système Bouteflika. Ils risquent les charges d’abus de poste et de pouvoir, corruption pour l’obtention de contrats dans divers secteurs, enrichissement illicite et octroi d’avantages injustifiés au profit d’autrui. Les enquêtes menées ont levé le voile sur ce gros business opéré à Oran, en attendant la convocation des personnes citées ».
Désormais, et après la dissolution de l’assemblée populaire nationale (APN) par le Président Tebboune, le 21 février dernier, ces personnalités jusque-là intouchables seront appelées à répondre aux griefs qui seront retenus sur elles. Ces anciens membres de l’hémicycle Zighout Youcef, censés être des élus du peuple, pour défendre les intérêts des habitants de leur wilaya, étaient en réalité au service de leurs propres intérêts et ceux d’un parterre d’amis hommes d’affaires. Le temps qu’ils ne voyaient pas venir est bel et bien là, ces politiciens, si leur implication dans ces dossiers de corruption se confirme, ils savent ce qui les attend. Plus étrange que cela puisse paraitre, certains d’entre eux, avides de pouvoir, se préparent déjà aux prochaines législatives dans les mêmes partis politiques qui incarnaient la garde rapprochée de l’ancien système durant les 20 dernières années. Le but est de se replacer dans l’échiquier politique, jouir à nouveau de l’immunité parlementaire et ainsi échapper aux interrogatoires. Mais dans les prochains jours les affaires de corruption seront officiellement ouvertes, en réponse aux questions des Oranais qui se sont demandé si ces députés et élus locaux seront-ils un jour poursuivis en justice ou resteront-ils impunis ?