Zitouni Mustapha
Psychotropes sous toutes leurs formes, Les ecstasy ou MDMA sont des drogues très prisées et fortement consommées dans les différents milieux, avec la cocaïne, leurs effets
très stimulants, permettent aux usagers d’en profiter durant un certain temps sans que l’effet ne tombe. Ces drogues sont venues s’ajouter au kif et à la résine de cannabis, déjà disponibles sur le territoire national et notamment dans la région- ouest de par sa proximité avec le principal fournisseur à l’échelle planétaire aux frontières immédiates de l’Ouest du pays.
Le constat est malheureusement bien là, la lutte contre le trafic de drogue est encore loin d’être gagnée. A Oran, les saisies quasi quotidiennes par les différents corps sécuritaires,
entre police et gendarmerie, de la petite quantité aux plus importantes ne sont toujours
pas arrivées à éradiquer le fléau, devenu une véritable gangrène qui mine la société dans son ensemble.
Aux premières quantités de drogues dures saisies à Oran, avec certes, de très petites quantités de l’ordre de 0,5 à 01 gramme de cocaïne, nous avions alerté en notre
qualité de journalistes et d’observateurs, lors de nos multiples rencontres avec les corps de sécurité, à l’occasion des multiples points de presse et autres, sur les dangers que peuvent avoir de petites quantités de drogues dures, du fait de leurs accoutumances rapides, et qui peuvent par la suite et très rapidement s’ancrer dans les habitudes de nos jeunes et moins jeunes. Plus de dix ans plus tard, la réalité semble nous avoir donné raison, notre alerte
étant bien justifiée et elle vient d’être une nouvelle fois confirmée par l’intervention du chef de la Cellule de lutte contre le trafic de stupéfiants à l’échelle nationale, le Commissaire
Divisionnaire, Djamal Guessoum, en l’occurrence. La consommation de narcotiques au
sein de l’ensemble des segments de la société algérienne, tant en milieu urbain que rural, est en train de se transformer en une sorte de «montée vertigineuse».
C’est un phénomène qui est en train de prendre de l’ampleur depuis une décennie déjà, constate le chef de la Cellule de lutte contre le trafic de stupéfiants, faisant état de divers facteurs parmi lesquels il cite la position géographique du pays, utilisé à ses dépens comme carrefour de transit de la drogue vers diverses destinations.
S’exprimant, hier mercredi, sur les ondes de la radio nationale, le Commissaire Divisionnaire, Djamal Guessoum, signale qu’il reste difficile de connaitre précisément
les types et les quantités réelles de drogue transportées via l’Algérie.
Pour rappel, l’ex- chef de Sûreté de wilaya d’Oran, M. Nouasri Salah, avait fait état «de quantités phénoménales qui attendent aux frontières du voisin marocain la moindre possibilité, pour être transférées sur le sol algérien,» un constat basé sur des renseignements fiables détenus à l’époque.
Pour revenir à l’intervention du chef de la Cellule de lutte contre le trafic de stupéfiants, Il note cependant qu’une partie se trouve tout naturellement «déversée» au niveau du marché local qu’il s’agisse dit-il, du cannabis, des psychotropes ou des opiacées d’une manière générale.
Se référant à des statistiques de l’Office National de Lutte contre la
Drogue, l’intervenant note que les stupéfiants ont déjà fait leur intrusion dans près de 400 établissements scolaires, soit 1% du total, relevant que l’Algérie est, pour autant, loin d’être
«dans le rouge.»
Commentant l’évolution des prises de drogue effectuées par les divers services de sécurité, l’officier de la DGSN constate que si pour ce qui concerne le cannabis il en a été saisi 56 tonnes en 2012 contre 6 tonnes en 2017, il en va tout autrement pour les psychotropes, dont il a été mis la main sur 3,6 millions de comprimés et procédé à 150.000 arrestation, au cours des 05 dernières années.
Il précise, en outre, que les divers services agissant contre les réseaux de narcotrafiquants ont réussi à ce jour, à en démembrer plus d’une vingtaine, révélant que la lutte est plus difficile à mener contre les petits dealers, activant en milieu urbain.